L'Institut africain pour le développement économique et social - Centre africain de formation (Inades-Formation) a procédé, le vendredi 13 mars 2026, à Abidjan-Plateau, au lancement officiel de son Programme d'appui aux systèmes alimentaires résilients au changement climatique et d'émergence de mécanismes flexibles de régulation et des valeurs fondatrices du bien vivre-ensemble dans les pays au sud du Sahara.
Soutenu techniquement et financièrement par Misereor et d'autres partenaires, ce programme est mis en oeuvre de janvier 2026 à décembre 2028 dans huit pays : le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Tchad et le Togo. Il vise à contribuer au développement durable de sociétés africaines solidaires et justes, où les droits humains sont respectés, où les communautés sont résilientes face au changement climatique et où les produits alimentaires sont disponibles en quantité suffisante pour garantir une vie digne.
Il s'agit spécifiquement de faire en sorte que les collectivités locales renforcent la résilience de leurs territoires ainsi que de leurs systèmes alimentaires et économiques face aux changements climatiques ; que les sociétés africaines renforcent les mécanismes anticorruption, de redevabilité et les valeurs de solidarité et de justice ; ainsi que de renforcer la notoriété du réseau Inades-Formation comme courant de pensée sur le développement en Afrique et comme mouvement social au service du bien commun.
Le directeur de cabinet, Dr Nahoua Yéo, représentant la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, a relevé que cette activité s'inscrit dans la nouvelle dynamique du ministère d'État, qui entend impulser la coopération internationale et renforcer la collaboration entre la Côte d'Ivoire et les partenaires techniques et financiers, notamment les Ong étrangères, en vue d'optimiser l'impact de leurs interventions au profit des populations.
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Il a souligné que cette initiative concerne le secteur agricole, pilier fondamental de l'économie ivoirienne, qui contribue à hauteur de 15,2 % au PIB, représente plus de 50 % des emplois et près de 60 % des exportations du pays. Selon lui, cela traduit pleinement l'adhésion de la Côte d'Ivoire à ce programme ambitieux destiné à relever les défis de la sécurité alimentaire et à lutter contre les effets du réchauffement climatique en Afrique subsaharienne, dont les principales victimes sont les populations rurales.
« Le Plan national de développement 2026-2030 consacre son pilier 2 à la modernisation de l'agriculture. En effet, le gouvernement ambitionne de faire de l'agriculture un secteur moderne, compétitif, inclusif et résilient face aux changements climatiques », a déclaré Dr Nahoua Yeo, soulignant qu'une telle politique ne peut produire les résultats escomptés sans l'appui et l'accompagnement de tous les partenaires, notamment les Ong internationales.
C'est pourquoi il encourage Inades-Formation à continuer de soutenir les braves paysans et les communautés rurales des pays membres de cette organisation.
« Pour sa part, le ministère d'État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ne ménagera aucun effort pour renforcer la coopération avec votre institution et vous accompagner dans la réalisation des objectifs majeurs que vous comptez initier au titre de l'année 2026, à savoir la lutte contre le travail des enfants dans la filière de l'hévéaculture et l'autonomisation des jeunes et des femmes dans les régions de Guiglo et d'Issia, la création d'une fondation alimentée à partir des ressources du Fonds de développement de l'Afrique, de plus de 2 milliards de Fcfa, ainsi que l'acquisition définitive du terrain affecté par l'État à Inades-Formation à Yamoussoukro pour la construction d'un centre régional de formation agricole », a-t-il fait observer.
La directrice du bureau national Inades-Formation Côte d'Ivoire, Zéhi Pauline, a exprimé sa gratitude au ministère d'État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, pour son soutien indéfectible. Elle a invité les partenaires et les acteurs à une synergie d'action dans la mise en oeuvre de ce programme à dimension panafricaine afin d'atteindre les résultats escomptés. « Nous souhaitons parvenir à créer, dans les pays du sud du Sahara, une société africaine plus juste, durable et résiliente face aux changements climatiques et aux différentes mutations qui caractérisent nos sociétés », a-t-elle indiqué.
Le secrétaire général d'Inades-Formation, Adessou Kwaku Sena, a rappelé que son institution intervient autour de quatre axes majeurs : la promotion des systèmes alimentaires basés sur l'agriculture familiale, la promotion de la finance rurale, le renforcement de la résilience face à la crise climatique et la promotion de la gouvernance inclusive. « Notre approche repose sur la conviction profonde que les communautés locales, lorsqu'elles sont outillées, accompagnées et reconnues dans leurs capacités, sont les premières actrices de leur propre développement », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que ce lancement intervient dans un contexte particulièrement préoccupant en Afrique : environ 464 millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté en Afrique subsaharienne, soit plus de 43 % de la population. Par ailleurs, près de 120 millions d'Africains souffrent d'insécurité alimentaire aiguë. « Le changement climatique, malgré la contribution minime du continent aux émissions de gaz à effet de serre, frappe l'Afrique de plein fouet. Les experts estiment que les coûts d'adaptation pourraient atteindre 50 milliards de dollars par an d'ici 2050 », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces crises sont aggravées par des déficits de gouvernance, l'érosion des valeurs au service du bien commun et des politiques agricoles peu sensibles aux réalités des paysans. C'est pour apporter des réponses concrètes à ces urgences qu'Inades-Formation a conçu ce programme. Celui-ci agit simultanément sur trois fronts complémentaires : renforcer la résilience des terroirs et des systèmes alimentaires face aux changements climatiques ; consolider les mécanismes de régulation et de redevabilité ; et faire émerger un courant de pensée au service du bien commun.
« Ce n'est pas un programme d'assistance, mais un programme de transformation économique, sociale et écologique de nos sociétés », a précisé Adessou Kwaku Sena.
Selon lui, les bénéficiaires sont à la fois ruraux et urbains, tous concernés dans une dynamique d'interconnexion entre les villes et les campagnes, de changement de mentalités et d'impulsion d'une dynamique territoriale durable. « C'est en associant le travail de terrain à la réflexion stratégique et au plaidoyer que nous construirons les transformations dont nos sociétés ont besoin », a conclu le secrétaire général d'Inades-Formation.