Les syndicats d'enseignants les plus représentatifs du Sénégal, réunis autour du G7, ont dénoncé hier, vendredi 13 mars, lors d'une conférence de presse, la persistance du gouvernement dans une politique de dilatoire face à leurs revendications, dans un contexte de crise scolaire sans précédent.
Le G7 tire la sonnette d'alarme face à la situation qui secoue le secteur éducatif du pays. Lors de sa conférence de presse hier, vendredi 13 mars, il a critiqué le gouvernement pour sa stratégie jugée « dilatoire » et pour sa tendance à privilégier l'intimidation et la confrontation au détriment du dialogue avec les partenaires sociaux.
« Dans un contexte marqué par une crise scolaire sans précédent, avec un quantum horaire fortement diminué, la préoccupation du gouvernement devrait être la pacification de l'espace scolaire à travers le règlement immédiat du passif des accords. A la place, le G7 et les autres syndicats de l'éducation et de la formation constatent, pour le regretter, que le gouvernement persiste dans le dilatoire et semble opter pour la stratégie du pourrissement », a regretté le secrétaire général du SELS, Amidou Diédhiou.
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D'après ses propos, « plutôt que de s'engager dans la voie de l'apaisement par un dialogue franc et sincère, le gouvernement choisit l'intimidation, la provocation, la menace, bref, la confrontation avec les partenaires sociaux que sont les syndicats d'enseignants ».
Pour Amidou Diédhiou, « les enseignants ne demandent que deux choses : la matérialisation des accords signés entre le gouvernement et les syndicats d'enseignants et l'ouverture de négociations sur les questions nouvelles ».
Les syndicats ont salué la mobilisation des enseignants lors des rassemblements et meetings du 3 mars 2026, notamment à Bignona, tout en déplorant le refus du préfet de recevoir le mémorandum des enseignants.
Par ailleurs, le G7 a dénoncé des ponctions salariales jugées « illégales, disproportionnées et arbitraires » et annonce son intention de porter plainte auprès du Bureau international du Travail (BIT) pour violation de la Convention 95 relative à la protection des salaires. « Considérant cet acte comme une volonté manifeste du gouvernement du Sénégal d'humilier d'honnêtes travailleurs exerçant un droit constitutionnel, les syndicats décident de porter plainte auprès du BIT pour violation flagrante des dispositions de la Convention 95 de l'OIT relative à la protection des salaires », a déclaré Amidou Diédhiou.
Face à ce qu'ils considèrent comme un retard volontaire dans la matérialisation des accords, les syndicats tiennent le gouvernement « comme seul responsable de tout ce qui adviendra pour l'année scolaire 2025-2026 ». Pour rappel, le G7 est à son sixième plan d'action qui est en cours.