Cote d'Ivoire: Sécurité routière - L'État serre la vis sur les visites techniques

Face à de graves irrégularités constatées dans certains centres de contrôle technique, les autorités ivoiriennes ont décidé de prendre des mesures conservatoires pour renforcer la sécurité routière. Les centres de visites techniques d'Adzopé et de Boundiali ont ainsi été fermés temporairement, tandis que les bancs mobiles de contrôle ont été suspendus sur l'ensemble du territoire national.

Ces décisions ont été expliquées par Désiré N'Zi, Directeur général de l'Autorité de régulation du transport intérieur (ARTI) lors d'une rencontre avec la presse, organisée à la suite du communiqué publié le 10 mars 2026.

Selon lui, ces mesures s'inscrivent dans la dynamique de renforcement de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2025, adoptée sous l'impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, et mise en oeuvre par le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné. Après quatre années de réformes et d'actions soutenues contre l'incivisme routier, le Conseil de sécurité du 12 février 2026 a recommandé d'intensifier les efforts afin de mieux préserver les vies humaines sur les routes ivoiriennes.

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Dans ce cadre, l'ARTI a mené une série d'inspections dans plusieurs centres de contrôle technique, à Abidjan comme à l'intérieur du pays. Les investigations ont révélé des manquements jugés graves dans certains sites, notamment à Adzopé et à Boundiali.

Parmi les irrégularités constatées figurent l'absence ou le dysfonctionnement de bancs de freinage, des procédures de contrôle non conformes, ainsi que des pratiques inadmissibles compromettant la fiabilité des visites techniques. À Boundiali, les inspecteurs ont même découvert un cas avéré de délivrance d'un certificat de visite technique à un véhicule qui se trouvait en réalité à Abidjan.

« Ces pratiques compromettent la sécurité des usagers et ne peuvent être tolérées », a insisté le directeur général de l'ARTI.

Face à ces constats, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a décidé de fermer provisoirement les centres d'Adzopé et de Boundiali, le temps de corriger les défaillances relevées. Par ailleurs, les bancs mobiles de contrôle technique ont été suspendus temporairement afin de permettre leur inspection et de s'assurer de leur conformité.

Les autorités tiennent toutefois à rassurer les usagers. Sur les 37 centres fixes que compte le pays, 35 restent pleinement opérationnels. Les opérateurs concernés sont notamment SICTA avec 29 centres fixes et 4 bancs mobiles, MAYELA avec 6 centres fixes et 14 bancs mobiles, RECTA avec 1 centre fixe et SILOTEC avec 1 centre fixe et 2 bancs mobiles.

À partir du mardi 17 mars 2026, les équipes de l'ARTI et de la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC) procéderont à une inspection complète des bancs mobiles. Ceux qui seront jugés conformes pourront reprendre immédiatement leurs activités.

En outre, des représentants de l'administration seront désormais déployés dans les centres afin de vérifier que les véhicules se présentent effectivement aux contrôles techniques, une mesure destinée à renforcer la transparence et la crédibilité du dispositif.

Les autorités rappellent également que les bancs mobiles ne remplacent pas les installations fixes, leurs capacités techniques étant limitées et inadaptées à certains types de véhicules.

« La vie des Ivoiriens passe avant toute considération économique », a souligné le directeur général de l'ARTI, affirmant que ces mesures visent avant tout à restaurer la confiance et à garantir la sécurité sur les routes.

En attendant la correction des dysfonctionnements, seuls deux centres restent fermés, tandis que la reprise progressive des activités des bancs mobiles est attendue après la mission d'inspection prévue la semaine prochaine.

Les autorités appellent enfin les usagers à la compréhension et à la responsabilité collective, rappelant que ces décisions s'inscrivent dans une politique de « tolérance zéro » destinée à sauver des vies.

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