À l'occasion de la célébration de la Nuit du Destin (Laylatoul Qadr), une conférence dédiée aux mécanismes islamiques de solidarité sociale s'est tenue dans la nuit du dimanche 15 mars au lundi 16 mars 2026. C'était en présence du Président de la République, El Hadj Alassane Ouattara, des présidents d'Institution et des ministres.
Au centre des échanges, à la grande mosquée de la Riviera : la Zakât et le Waqf, deux institutions majeures de l'Islam présentées comme des instruments efficaces de justice sociale et de lutte contre la pauvreté. Animant cette rencontre, l'imam Méïté Moustapha, imam principal de la mosquée centrale de Guibéroua et président local du Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (Cosim), a mis en lumière la portée économique et sociale de ces pratiques religieuses.
La pauvreté, un danger pour la stabilité sociale
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Dans son intervention, l'imam a rappelé un hadith du Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) selon lequel « la pauvreté pourrait presque conduire à la mécréance ». Une parole qui, selon lui, souligne les conséquences sociales et morales de la précarité. Pour illustrer cette réalité, il a également cité l'Imam Ali qui affirmait : « Si la pauvreté était un homme, je l'aurais combattu ». Une manière de montrer que la lutte contre la pauvreté constitue une priorité dans la vision sociale de l'Islam.
Selon l'orateur, l'économie islamique ne se limite pas à des prescriptions spirituelles. Elle propose plutôt un système structuré reposant sur des mécanismes financiers et sociaux destinés à promouvoir l'équité, la solidarité et un développement inclusif.
La Zakât, un pilier de la justice sociale
Troisième pilier de l'Islam, la Zakât occupe une place centrale dans ce dispositif. Sur le plan linguistique, elle renvoie aux notions de croissance, de purification et de bénédiction. Dans sa dimension juridique, la Zakât consiste à prélever une part déterminée des biens des musulmans remplissant les conditions requises afin de la redistribuer aux catégories de bénéficiaires définies par le Coran, notamment les pauvres, les nécessiteux et les personnes en difficulté.
Pour l'imam Méïté Moustapha, la Zakât constitue un véritable mécanisme de redistribution des richesses. « Elle permet de répondre aux besoins essentiels des populations vulnérables, de réduire les inégalités sociales et de favoriser l'autonomisation progressive des bénéficiaires », a-t-il expliqué. Au-delà de son impact économique, la Zakât contribue également à renforcer les liens de fraternité entre les membres de la communauté et à consolider la paix sociale.
Le Waqf, un levier de développement durable
L'autre mécanisme évoqué lors de la conférence est le Waqf, qui consiste à immobiliser un bien et à consacrer durablement ses revenus à des œuvres d'intérêt général. Historiquement, ce système a permis de financer de nombreuses infrastructures sociales telles que des écoles, des universités ou encore des hôpitaux dans plusieurs sociétés musulmanes. Contrairement à la Zakât, qui répond aux besoins urgents et immédiats, le Waqf agit sur le long terme en soutenant des secteurs stratégiques comme l'éducation, la santé ou l'action sociale.
Des mécanismes complémentaires
Pour l'imam Méïté Moustapha, la Zakât et le Waqf doivent être perçus comme des mécanismes complémentaires. Ensemble, ils constituent un système équilibré capable de passer de l'assistance ponctuelle à l'autonomisation durable des populations vulnérables.
En Côte d'Ivoire, les institutions islamiques ont d'ailleurs mis en place la Fondation de la Zakât, du Waqf et des œuvres de bienfaisance afin d'organiser la collecte et la redistribution de ces ressources au profit des personnes dans le besoin. En conclusion, l'orateur a invité les fidèles à redécouvrir la portée sociale de ces institutions religieuses. Selon lui, leur mise en œuvre rigoureuse et transparente pourrait contribuer significativement à réduire la pauvreté, renforcer la cohésion sociale et soutenir le développement durable du pays.