Les jeunes sont plus nombreux que les séniors à percevoir de corruption parmi les conseillers municipaux, des parlementaires et des officiels de la Primature.
Key findings
- Seulement environ le tiers des jeunes marocains (18-35 ans) disent faire « partiellement » ou « beaucoup » confiance au Parlement (37%), au conseil municipal (34%), au premier ministre (33%) et aux partis au pouvoir et de l'opposition (33% chacun).
- Les niveaux de confiance sont comparables entre les jeunes et les personnes plus âgées à l'égard du Parlement et du premier ministre, mais sont plus faibles chez les jeunes à l'égard des conseillers municipaux et des partis politiques.
- Les jeunes sont plus nombreux que les séniors à estimer que « certains » ou « la plupart » des conseillers municipaux (33% contre 26%), des parlementaires (32% contre 24%) et des officiels de la Primature (27% contre 23%) sont impliqués dans des affaires de corruption.
- Les jeunes qui estiment que « certains » ou « aucun » des officiels de la Primature, des députés et des conseillers municipaux sont corrompus sont plus enclins à faire confiance à ces institutions que ceux qui pensent que « la plupart » ou « tous » ces responsables sont corrompus.
- Les jeunes marocains sont moins nombreux que les plus âgés à approuver la performance des conseillers municipaux (30% contre 34%), du premier ministre (29% contre 35%) et des députés (28% contre 33%).
- Plus de six jeunes sur 10 estiment que le premier ministre doit rendre compte au Parlement sur l'utilisation des deniers publics par son gouvernement (67%) et qu'il doit toujours obéir aux lois et aux tribunaux du pays, même s'il les juge erronés (63%).
- En pratique, seule environ la moitié des jeunes déclarent que le premier ministre respecte généralement le Parlement (55%) ainsi que les lois et les tribunaux (50%).
- Les jeunes citoyens sont moins susceptibles que les plus âgés de voter aux élections, de se joindre à d'autres pour demander une action au gouvernement et de se sentir proches d'un parti politique, mais ils sont plus enclins à publier des contenus politiques sur les réseaux sociaux et à participer aux manifestations.
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Au Maroc, les jeunes représentent environ un tiers de la population, ce qui confère à la jeunesse un rôle stratégique dans l'avenir du pays (Next, 2025). Malgré les réformes politiques et le renforcement du cadre juridique des partis, les jeunes demeurent méfiants à l'égard des institutions politiques (Organisation de Coopération et de Développement Economiques, 2025).
Les perceptions persistantes de corruption et d'inefficacité, combinées aux vulnérabilités socio-économiques - chômage, sous-emploi et inégalités d'opportunités - contribuent à affaiblir le rapport des jeunes aux institutions (Yassine & Bakass, 2023 ; Friedrich Naumann Stiftung, 2019). Le rapport 2020 de L'Observatoire National du Développement Humain (2021) souligne que ces facteurs alimentent un sentiment de marginalisation et freinent la participation politique.
La plus récente enquête d'Afrobarometer montre que dans l'ensemble, les jeunes marocains affichent des niveaux de confiance et d'approbation plus faibles que les plus âgés à l'égard des acteurs politiques, en particulier au niveau local et partisan. Ils sont également plus enclins à percevoir les conseillers municipaux, les parlementaires et les officiels de la Primature comme impliqués dans la corruption. Cette perception montre une corrélation avec la confiance institutionnelle : Les jeunes qui estiment que peu de responsables sont corrompus sont nettement plus susceptibles de faire confiance à ces institutions.
Par ailleurs, si une large majorité des jeunes soutiennent fortement les principes de redevabilité du premier ministre envers le Parlement et le respect de l'Etat de droit, ils sont beaucoup plus réservés quant à leur mise en oeuvre effective, seule environ la moitié estimant que ces principes sont généralement respectés dans la pratique.
Enfin, les jeunes se distinguent par une participation politique plus limitée, notamment en matière de vote, d'engagement partisan et d'actions collectives visant à interpeller le gouvernement.
Abdellatif Elmounachit Abdellatif Elmounachit est doctorant en sociologie à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l'Université Hassan 2 de Casablanca au Maroc.