La disparition de Yogeshwaree Bhunjun, Deepika pour ses proches, âgée de 37 ans, a pris une tournure tragique et bouleversante. Initialement signalée comme une disparition, l'affaire a été requalifiée en meurtre par les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT).
À l'heure où nous mettions sous presse, le corps de la victime demeurait introuvable, mais plusieurs suspects ont été arrêtés et traduits devant la Bail and Remand Court ce dimanche pour leur accusation provisoire pendant que les enquêteurs tentent de préciser les circonstances ayant conduit au drame.
Recherches à Rivière-Noire
Malgré ces avancées, le mystère reste entier quant au lieu exact où se trouverait le corps de la victime. Selon les soupçons, la dépouille de Yogeshwaree Bhunjun aurait été jetée à la mer dans la région de Rivière-Noire. Une importante opération de recherche a donc été menée hier par des éléments de la National Coast Guard entre Case-Noyale et Rivière-Noire par des équipes spécialisées.
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Selon les premières informations recueillies par la police, le crime serait survenu dans un contexte d'infidélité et de jalousie. Les soupçons des enquêteurs se portent notamment sur le concubin de la victime, le Dr Arvind Parmanand Ramchurn, considéré comme le commanditaire présumé du meurtre. Le médecin a été arrêté par les enquêteurs de la MCIT avant d'être traduit devant la Bail and Remand Court sous une accusation provisoire de meurtre. Il a été reconduit en détention policière dans l'attente de la suite de l'enquête.
Trois autres individus ont également été arrêtés. Il s'agit de Fadil Hossen Dulloo, domicilié à Royal Road à Dagotière, Mahmad Imteaz Peeroo, et Vi Ahmad Rafiq Khalis, tous deux domiciliés à Camp-Fouquereaux. Les trois hommes ont comparu eux aussi devant la Bail and Remand Court sous une accusation provisoire de complicité de meurtre.
Selon les éléments préliminaires de l'enquête, rien ne permet encore d'affirmer qu'ils ont directement participé à l'acte ayant causé la mort de Yogeshwaree Bhunjun. Les informations laissent plutôt penser qu'ils auraient aidé à déplacer et à faire disparaître le corps.
Lors des interrogatoires, l'un des suspects aurait admis avoir participé au meurtre sur instruction de son employeur, à la demande du Dr Ramchurn. Il aurait également avoué que la victime avait deja rendu l'âme quand ils se sont rendus au domicile du couple. Avec les deux autres, ils se seraient rendus à la jetée de Case-Noyale pour se débarrasser du corps en mer. Selon les enquêteurs, les trois hommes auraient été recrutés contre une importante somme d'argent pour s'en prendre à la victime et ensuite disposer de son corps.
Les images captées par le réseau de vidéosurveillance Safe City figurent parmi les éléments de preuve qui ont permis de faire progresser l'enquête. Confronté à ces images, le même suspect aurait reconnu son implication dans cette affaire, renforçant ainsi les soupçons des enquêteurs quant à l'existence d'un plan prémédité.
Résultats d'analyses en attente
L'enquête avait connu un tournant majeur après la découverte de traces de sang à l'intérieur du véhicule du médecin. Cette découverte a conduit les enquêteurs de la MCIT à procéder à l'arrestation du Dr Ramchurn. Des analyses biologiques sont actuellement en cours afin de déterminer si ce sang appartient à Yogeshwaree Bhunjun. Par ailleurs, une Renault et une Mercedes ont été saisies par la police. Ces voitures font actuellement l'objet d'analyses médico-légales approfondies, les enquêteurs espérant y découvrir d'autres indices.
La disparition de Yogeshwaree Bhunjun remonte au 26 février dernier. Selon la version avancée par le Dr Ramchurn, la jeune femme aurait quitté le domicile conjugal situé à Fond-du-Sac à la suite d'une dispute. Le médecin affirme que lorsqu'il est rentré chez lui ce soir-là, sa compagne était déjà partie.
Le 5 mars, soit quelques jours après la disparition, le médecin avait enregistré une déclaration préventive au poste de police de Plaine-des-Papayes afin d'expliquer la situation. Il avait indiqué aux policiers que Yogeshwaree Bhunjun avait quitté la maison volontairement et qu'il ignorait où elle se trouvait.
Cependant, cette version des faits a rapidement suscité des interrogations. Inquiet de ne plus avoir de nouvelles de sa fille, le père de la victime, âgé de 62 ans et domicilié à Lalmatie, avait signalé sa disparition à la police le 7 mars. Il affirmait être sans nouvelles de Yogeshwaree depuis plus d'une semaine, ce qui avait déclenché les premières investigations.
Au fil de l'enquête, plusieurs éléments troublants ont émergé. Les enquêteurs se sont notamment intéressés au passé du couple. Selon certaines informations, Yogeshwaree Bhunjun aurait déjà signalé des cas de violences domestiques impliquant son compagnon à deux reprises, en 2024 puis en 2025. Ces antécédents ont contribué à renforcer les soupçons de la police.
Aujourd'hui, les enquêteurs de la MCIT poursuivent leurs investigations afin de reconstituer le fil exact des événements ayant conduit au drame. L'objectif est de déterminer avec précision le rôle de chacun des suspects et d'établir toutes les responsabilités dans cette affaire. D'autres développements sont attendus, à mesure que les analyses médico-légales et les interrogatoires progressent.