Le fonds souverain norvégien - l'un des plus importants au monde - se désengage du groupe français Bolloré. Le fonds souverain norvégien détenait pour 90 millions de dollars de titres de Bolloré, une goutte d'eau face à la capitalisation de plus de quinze milliards de dollars du groupe Bolloré. Cependant, cette décision pourrait faire date expliquent plusieurs analystes.
« Bolloré a perdu un actionnaire de référence de rang mondial. » Babissakana, ingénieur financier camerounais estime qu'il s'agit là d'un coup dur. En mars 2024, le conseil d'éthique du Fonds avait formulé cette recommandation en raison « du risque inacceptable qu'elles contribuent ou soient responsables de sérieuses violations de droits humains », notamment dans des plantations d'huile de palme au Cameroun. Des plantations appartenant à Socfin, société belge dont Bolloré est actionnaire minoritaire.
« Un coup dur puisque le fonds norvégien est réputé comme le premier fonds souverain au niveau mondial, avec de très bonnes pratiques en matière d'investissement, il n'investit pas n'importe où », note l'ingénieur impliqué dans le mouvement de restitution des biens mal acquis. Selon lui, d'autres fonds pourraient lui emboiter le pas étant donné que « les fonds des souverains ont un groupe, une sorte de réseau des fonds souverains dans le monde, où ils partagent les bonnes pratiques ».
Seraient alors impactées d'autres entreprises déployées dans les pays en développement sur le continent africain, « notamment des entreprises agricoles qui ont besoin de beaucoup de terre et aussi beaucoup d'ouvriers qui travaillent dans les champs », prédit Babissakana qui interprète ce retrait comme « un signal très positif et stratégique pour les marchés sur l'importance de l'éthique ».
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Pour Marc Wabi associé et gérant du cabinet d'Audit et de conseils Adenka, il n'y a pas de crainte à avoir sur les investissements sur le continent parce que « ces contraintes étaient déjà intégrées dans les conditionnalités d'investissement de ces fonds-là ». Il pense néanmoins que cela constitue un message fort aux entreprises qui bénéficient d'investissements étrangers pour qu'elles s'alignent avec les dispositions internationales.
« Et cela va aussi probablement, comme on le voit déjà dans certains pays, inciter à une reprise de l'application de ces normes qui étaient considérées comme trop rigoureuse », note le consultant qui espère un effet de contagion sur d'autres typologies d'investissements et, aussi, sur les États qui adopteront certaines valeurs.
Autre levier pour limiter les désengagements financiers précoces : accélérer les procédures juridiques afin de juger rapidement les plaintes et litiges.