Ile Maurice: Même après leur sortie de prison, les trafiquants seront privés de leurs biens saisis

La Financial Crimes Commission (FCC) a intensifié ses opérations contre le trafic de drogue et le blanchiment d'argent, en s'appuyant sur les nouvelles dispositions introduites par la FCC Act 2023. En début de semaine, plusieurs arrestations ont été effectuées, visant des présumés trafiquants notoires, dont Avinash «Poum» Luchoo, Andy Verloppe ainsi que des membres de la famille Ghurboo. Ces interpellations font suite à des enquêtes approfondies portant sur des réseaux soupçonnés de générer d'importants profits à travers des activités criminelles.

Au coeur de cette offensive se trouve la Criminal Attachment Order (CAO), prévue par les articles 36 et 38 de la FCC Act 2023. Ce dispositif permet aux autorités de saisir les biens provenant des proceeds of crime. La FCC dispose ainsi du pouvoir légal de geler, saisir et gérer les biens d'un suspect ou de ses proches, empêchant toute jouissance de ces actifs, même après que l'individu a purgé sa peine. Jusqu'ici, les trafiquants pouvaient récupérer leurs biens à leur sortie de prison. Désormais, la CAO garantit que les profits issus d'activités criminelles restent hors de leur portée, marquant un tournant dans la lutte contre le crime organisé.

Les saisies récentes concernent divers types de biens : véhicules de tout type, propriétés immobilières, sommes d'argent et autres actifs. Selon les informations obtenues, ces opérations sont supervisées par l'Asset Recovery and Management Division, récemment renforcée. Chaque CAO est émise sur la base d'une suspicion raisonnable que les biens concernés proviennent d'activités criminelles, conformément aux dispositions des articles 36 et 38 de la FCC Act 2023. Des équipes spécialisées, dirigées par des Chief Officers, suivent un calendrier opérationnel précis tout en restant en mesure d'intervenir en cas d'urgence.

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La National Coordination Committee, présidée par le directeur général par intérim de la FCC, Sanjay Dawoodarry, assure pour sa part la coordination entre plusieurs institutions : la police, la Mauritius Revenue Authority (MRA), la Banque de Maurice, la Financial Services Commission et la Financial Intelligence Unit. L'objectif est double : démanteler les réseaux de trafic de drogue et neutraliser les circuits de financement et de blanchiment d'argent qui y sont associés.

Dans ce cadre, tout bien identifié comme provenant de proceeds of crime peut être immédiatement saisi. L'Asset Recovery and Management Division veille à la traçabilité et à la conformité de chaque saisie, avec des rapports détaillés à chaque étape de la procédure.

L'efficacité de ces mesures repose également sur une coordination opérationnelle. Des briefings systématiques précèdent chaque intervention et plusieurs équipes travaillent simultanément sur les enquêtes liées au blanchiment d'argent ainsi que sur la préparation des dossiers de CAO devant la cour. Cette approche multidisciplinaire vise à optimiser l'efficacité des opérations tout en respectant strictement le cadre légal.

Les opérations récentes illustrent ainsi un changement notable dans la lutte contre le crime organisé à Maurice. La FCC affirme sa capacité à conjuguer la force du cadre légal avec une coordination interinstitutionnelle renforcée. Les arrestations et saisies effectuées cette semaine en constituent une illustration concrète. Malgré les menaces et les tentatives d'intimidation, la commission maintient sa ligne : identifier, saisir et neutraliser les actifs criminels conformément à la loi, afin de rompre avec les pratiques du passé et renforcer la sécurité et la justice.

Privés de leurs réseaux de protection, des trafiquants menacent la FCC

Selon certaines sources, les trafiquants ciblés bénéficiaient auparavant d'un réseau de protection implicite : en soudoyant des policiers véreux, ils pouvaient opérer avec une relative tranquillité, évitant descentes et enquêtes. Avec les actions menées par la National Coordination Committee et le renforcement des contrôles, ce système de protection aurait été neutralisé, privant ces réseaux de leur influence et de leurs privilèges.

Frustrés de perdre ce pouvoir et ces revenus illicites, certains présumés trafiquants auraient réagi par des intimidations directes envers le directeur général par intérim de la FCC, dans une tentative d'instaurer un climat de peur et de freiner les opérations en cours. Des menaces de mort ont été adressées aux autorités de la Financial Crimes Commission (FCC) à la suite des arrestations et saisies récentes.

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