Kenya: Soldats kényans dans «l'opération spéciale» - Nairobi et Moscou tournent la page

Au premier jour de sa visite officielle à Moscou, le chef de la diplomatie kényane a rencontré ce lundi 16 mars son homologue Sergueï Lavrov. Il n'y aura plus d'enrôlements dans l'armée russe, a dit Musalia Mudavadi.

« Le deuxième sujet dont je voudrais parler, puisque je sais qu'il y a beaucoup de curiosité »... Après les échanges de politesse diplomatique d'usage, Musalia Mudavadi entre dans le vif du sujet lors de sa conférence de presse conjointe avec Sergueï Lavrov.

La « curiosité » dont il fait mention, le chef de la diplomatie kényane l'avait lui-même créée, en faisant monter l'attente en annonçant avant son départ en Russie, via un communiqué, viser à « empêcher de nouveaux problèmes liés à des recrutements trompeurs ou à de fausses promesses d'emploi ». À Moscou, le vocabulaire se fait plus lisse... Rien sur les accusations sur les méthodes d'enrôlement. Mais Musalia Mudavadi affirme que le sujet est réglé :

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« Après avoir pris en compte les préoccupations exprimées par les familles kényanes à Nairobi, nous estimons avoir trouvé un terrain d'entente ; il n'y aura pas d'autres enrôlements dans l'opération spéciale et nous nous en félicitons. Je tenais également à préciser que nous ne souhaitons en aucun cas que notre partenariat avec la Russie soit réduit à la seule question de l'opération spéciale. Il s'agit là d'un incident, et la relation entre le Kenya et la Russie est bien plus vaste. »

Sergueï Lavrov, lui, n'a fait aucun commentaire sur l'accord mentionné et encore moins sur ce que son homologue kényan appelle un « incident » et a répété la ligne constante de Moscou : « Tous les Kényans, comme les citoyens de nombreux autres pays, qui ont signé des contrats pour participer à cette opération militaire spéciale, l'ont fait volontairement ».

Interrogé sur les travailleurs de l'usine de fabrication de drones dans la zone spéciale d'Alabuga, au Tatarstan, un établissement qui fait face aux mêmes accusations de recrutement forcé, le chef de la diplomatie russe a aussi rejeté ces affirmations en bloc.

Le Kenya et la Russie semblent en tout cas avoir décidé de tourner la page. Musalia Mudavadi est encore à Moscou ce mardi. Un accord de coopération bilatérale, notamment sur les migrations de travail, semble sur les rails.

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