Sénégal: Un fruit juteux qui attire la clientèle

17 Mars 2026

Sur les axes passants et dans les quartiers de Dakar, des charrettes chargées d'oranges de la Casamance, attirent, chaque jour, une clientèle fidèle. Vendu à 600 FCfa le kilogramme, ce produit, réputé pour sa chair juteuse et son goût sucré, s'est imposé comme une vedette saisonnière. Entre engouement des consommateurs et défis de conservation, les vendeurs, des charretiers pour la plupart, tentent d'en tirer le meilleur parti.

Le soleil est déjà haut dans le ciel de Dakar, capitale sénégalaise animée, lorsqu'une charrette brinquebalante, tirée par un cheval efflanqué, s'immobilise au bord d'une avenue passante. À l'arrière, un monticule d'oranges aux teintes éclatantes, fruits fraîchement venus du sud du pays, attire le regard.

Sous la bâche qui protège partiellement les fruits, les oranges, produits saisonniers très attendus, dégagent un parfum frais. Les charretiers, des vendeurs ambulants, sillonnent les rues de la capitale en les présentant fièrement : « Orange Casamance », glisse le cocher, expression devenue un véritable label populaire.

Dans l'imaginaire de nombreux Dakarois attachés aux produits locaux, ce nom évoque déjà un goût particulier : celui d'un fruit juteux, légèrement acidulé et qui désaltère dans la chaleur de l'après-midi.

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Dans les grandes artères, à l'entrée des marchés ou dans les rues des quartiers populaires, ces charrettes, modestes étals roulants de l'économie informelle, se sont multipliées ces dernières semaines. Les vendeurs, travailleurs indépendants pour la plupart, sillonnent les quartiers ou choisissent des points stratégiques : des lieux de passage intense où la clientèle est quasi garantie. Le prix affiché, simple et accessible, est de 600 FCfa le kilogramme. À ce tarif, les clients, amateurs de fruits frais, ne se font pas prier.

Cette popularité tient aussi à la simplicité du commerce. Pas de boutique, pas d'étal sophistiqué. En effet, il suffit seulement d'une charrette en bois, moyen de transport traditionnel encore très présent dans l'économie informelle et tiré par un cheval, puis des paniers débordant d'oranges.

Le casse-tête de la conservation

Pour les vendeurs, commerçants de rue dépendant directement de la clientèle, cette proximité avec les consommateurs constitue l'essentiel de leur stratégie. « Les gens aiment acheter ici parce qu'ils voient le produit », explique Moussa Cissé, charretier expérimenté installé à Dakar depuis plusieurs années. « Ils savent que cela vient de la Casamance. Et quand ils goûtent une fois, ils reviennent ».

Ainsi, au fil de la journée, les sachets en plastique distribués aux acheteurs pressés se remplissent et la pile d'oranges diminue lentement. Certains clients repartent avec un kilo, d'autres avec trois ou quatre. Ces provisions sont destinées à la famille.

Toutefois, derrière cette activité qui semble prospère, les vendeurs doivent composer avec plusieurs difficultés. En effet, si les oranges, fruits très demandés durant cette période, attirent la clientèle, leur conservation reste un véritable défi pour les charretiers.

Sous la chaleur de Dakar, métropole côtière au climat souvent étouffant, les fruits peuvent rapidement se détériorer. « Le problème, c'est que l'orange est fragile », explique, en triant soigneusement quelques fruits abîmés, Moussa Cissé, vendeur ambulant habitué aux aléas du commerce de rue. « Si on ne vend pas vite, certaines commencent à pourrir », poursuit-il.

Les charretiers-commerçants, avec des moyens limités, ne disposent ni d'entrepôts adaptés ni de systèmes de réfrigération. La marchandise, chargée en grande quantité dans les zones de production, est souvent transportée pendant plusieurs heures avant d'être directement mise en vente dans la rue. Lorsque les ventes ralentissent, une situation fréquente, les pertes deviennent inévitables. « Parfois, je peux perdre plusieurs kilos dans la journée », reconnaît Abdoulaye Ndiaye, un autre vendeur installé dans un quartier de la capitale. « On essaie de les vendre rapidement ou de baisser un peu le prix en fin de journée », explique-t-il, évoquant une stratégie de dernier recours.

Malgré ces contraintes, les charretiers, acteurs discrets, mais essentiels du petit commerce urbain, continuent de miser sur la forte demande des consommateurs. La réputation de l'orange casamançaise, fruit emblématique du sud du Sénégal, reste leur meilleur atout.

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