Sénégal: Les journalistes de l'Apig formées pour mieux comprendre les statistiques

17 Mars 2026

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, l'Association des professionnels de l'information sur le genre (Apig) a organisé ce lundi 16 mars 2026, avec l'appui d'ONU Femmes et du programme Women Count, un atelier de formation à l'attention de ses membres. L'objectif est de renforcer le rôle stratégique des médias dans la promotion de la redevabilité en matière de genre.

« Médias, statistiques de genre et redevabilité pour l'accès à la justice », tel est le thème de l'atelier de formation initié par l'Association des professionnels de l'information sur le genre (Apig). À travers cette session, l'association souhaite permettre aux journalistes de mieux appréhender les données statistiques de genre afin de renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). La présidente de l'Apig, Adama Diouf Ly, journaliste à l'Agence de presse sénégalaise a expliqué que l'enjeu est de contextualiser les chiffres fournis par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Selon elle, des données brutes, si elles ne sont ni comprises ni analysées, peuvent paradoxalement renforcer les stéréotypes au lieu de les déconstruire.

La journaliste souligne que si l'ANSD produit des données depuis quelques années, ces rapports « restent souvent dans les tiroirs ou demeurent à l'état de chiffres bruts, ne pouvant ainsi servir de leviers pour combattre les violences ». Pour Madame Ly, « il est impératif que les professionnels des médias s'approprient ces statistiques et décryptent ce qui se cache derrière les nombres afin de mieux informer, sensibiliser et, surtout, mieux orienter les décisions des pouvoirs publics ».

Dans cette dynamique, la journaliste a invité ses confrères à éviter « le piège du sensationnalisme ». Elle insiste sur le fait que « publier des chiffres uniquement pour créer un choc peut être contre-productif et risque d'exposer davantage les victimes ». Par conséquent, Adama Diouf Ly estime qu'il convient de comprendre le contexte et de traiter ces données avec toutes les précautions nécessaires avant toute publication.

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Seynabou Sarr, chargée des questions d'égalité des sexes au bureau pays d'ONU Femmes, a abondé dans le même sens en soulignant que les journalistes sont les « passeurs » capables de transformer les chiffres en récits compréhensibles pour les citoyens. Elle a plaidé pour l'accessibilité et la diffusion des données, arguant que celles-ci « ne changeront rien si elles restent enfermées dans des rapports techniques ». « C'est la plume, le micro ou la caméra des professionnels qui leur donnent vie », a-t-elle lancé aux participants.

La représentante de la responsable du bureau statistiques genre et études au ministère de la Famille, Sadio Kanouté, a renchéri en affirmant que les médias jouent un rôle déterminant dans la vulgarisation de ces informations. Insistant sur l'importance des données dans la lutte contre les inégalités, elle a rappelé que les statistiques de genre constituent un levier stratégique pour orienter les politiques publiques et mesurer les progrès réalisés. Selon son plaidoyer, « ce qui n'est pas documenté reste souvent invisible, et ce qui reste invisible est rarement traité avec l'urgence qu'il mérite ».

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