Congo-Kinshasa: Le pays salue la création d'une raffinerie d'or à Kalemie, la société civile demande de la transparence

En République démocratique du Congo (RDC), des acteurs de la société civile saluent l'inauguration d'une raffinerie d'or industrielle dans la province du Tanganyika tout en demandant de la transparence sur le contrat signé entre une société étatique et une société privée pour ce projet censé permettre à la RDC, selon les autorités, de « raffiner ses propres minéraux stratégiques en offrant des prix équitables, des installations honnêtes et des avantages jamais vu auparavant dans ce pays ».

La RDC a inauguré le 11 mars 2026 sa première raffinerie d'or industrielle, à Kalemie, dans la province du Tanganyika, en face de la Tanzanie, quand plusieurs pays voisins sont régulièrement accusés de raffiner de l'or de contrebande en provenance du Congo. Une raffinerie issue d'un partenariat entre l'entreprise publique DRC Gold Trading et la société privée Lunga Mining.

DRC Gold Refinery doit ainsi drainer l'or du secteur artisanal. Cette raffinerie doit en effet permettre d'aider à la formalisation du secteur de l'or, comme l'explique le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, dans une communication : « Pour la première fois et en un seul mandat, je le souligne, la RDC a la capacité de raffiner ses propres minéraux stratégiques en offrant des prix équitables, des installations honnêtes et des avantages jamais vu auparavant dans ce pays, pour les milliers de mineurs artisanaux, pour les comptoirs commerciaux et désormais pour les petites et moyennes mines. »

« Il faut savoir comment la raffinerie va fonctionner, quels sont les intérêts des deux parties »

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Une initiative saluée par Fabien Mayani, Directeur de programme de l'ONG américaine Carter Center et membre de la plateforme Le Congo n'est pas à vendre. Il interpelle cependant sur le besoin de transparence dans l'approvisionnement de la raffinerie, mais aussi dans les termes du contrat lui-même. « La première demande pour nous, société civile, pour nous, citoyens congolais, c'est que l'accord qui a été signé entre la société étatique Gold Trading et la société Lunga Mining, pour créer cette raffinerie, soit publié, explique-t-il au micro de Charlotte Cosset. C'est la première demande afin de permettre aux citoyens, à la société civile, de l'analyser et d'en comprendre le contenu. Surtout de voir comment la raffinerie va fonctionner, quels sont les intérêts des deux parties : la partie RDC et la partie Lunga Mining ».

Il insiste : « Ce qu'on doit connaître exactement, c'est quelle sont les clauses de l'accord, pour savoir, par exemple, qui détient quel niveau de participation entre les deux sociétés, comment les bénéfices vont être gérés. Toutes ces questions-là restent encore à clarifier. Et la bonne clarification, c'est la publication de l'accord signé entre les deux parties. »

Cette raffinerie est présentée comme un levier de développement et de souveraineté nationale :

500 à 600 kg d'or peuvent y être raffinés chaque mois. Parmi les objectifs énoncés : constituer des réserves d'or au sein de la Banque centrale de la RDC.

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