Tunisie: La classe moyenne en alerte économique

17 Mars 2026

La taille de la classe moyenne tunisienne a fortement diminué depuis les années 1980, passant d'environ 85 % de la population à 60-65 % en 2019, a indiqué mardi 17 mars 2026 Fatma Mabrouk, porte-parole de l'Association des économistes tunisiens (ASECTU) et experte économique.

Selon l'experte, ces chiffres traduisent un changement structurel majeur dans l'équilibre social et démographique du pays. "La classe moyenne, pilier de l'économie tunisienne, reste le moteur principal de la consommation, un facteur de stabilité sociale et un élément clé de rééquilibrage entre les plus riches et les populations vulnérables", a-t-elle ajouté, lors de son passage sur les ondes de la Radio Nationale.

Fatma Mabrouk précise toutefois que la classe moyenne existe toujours, mais qu'elle est désormais fragile, hétérogène et segmentée en trois catégories à savoir : les employés et cadres, les indépendants et entrepreneurs et les groupes vulnérables, incluant les jeunes et les retraités.

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Cette fragilité est accentuée par une vulnérabilité cachée : de nombreuses familles encore considérées comme classe moyenne subissent une pression économique croissante liée à la hausse des prix, la baisse du pouvoir d'achat et l'augmentation du coût des services essentiels. "Elles doivent souvent recourir à l'emprunt et à des solutions temporaires pour maintenir leur niveau de vie, alors qu'elles s'appuyaient auparavant sur l'épargne et l'investissement, notamment dans l'éducation et le logement", a-t-elle encore expliqué.

Pour faire face à ces défis, les familles développent de nouvelles stratégies d'adaptation, allant de la diversification des sources de revenus au recours partiel à l'économie informelle, voire à l'envisagement de la migration comme solution économique.

La note analytique préparée par Fatma Mabrouk pour l'Association recommande plusieurs mesures : encourager le passage à l'économie formelle, simplifier les procédures administratives, faciliter l'accès au financement, soutenir les projets des jeunes et des femmes, et promouvoir la migration circulaire comme levier de développement économique.

La situation souligne que la classe moyenne tunisienne, bien que toujours présente, doit faire face à une précarité croissante et nécessite des stratégies ciblées pour préserver son rôle central dans l'économie et la cohésion sociale du pays.

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