Un faux contrôle de police sur la rocade d'Ambohitrimanjaka s'est transformé en guet-apens. Un agent d'escale, brûlé à l'acide, compte sur la solidarité pour se reconstruire.
Un appel aux dons est en cours pour venir en aide à Noël Rakotonirina, père de famille de 50 ans, victime d'une agression à l'acide sur la rocade d'Ambohitrimanjaka.
Il travaillait comme agent d'escale pour Air France et menait une vie stable auprès de sa femme et de ses deux enfants. Dans la nuit du 21 novembre 2024, alors qu'il rentrait de l'aéroport, il a été arrêté sur la route, près du marché Arts malagasy, par deux individus qui se faisaient passer pour des policiers. Il a baissé sa vitre pour présenter ses papiers, persuadé qu'il s'agissait d'un contrôle de routine. C'est à ce moment précis que l'un des malfaiteurs l'a aveuglé avec une lampe torche et que l'autre lui a jeté au visage un liquide corrosif utilisé pour déboucher les canalisations.
Sous le choc et souffrant intensément, il a réussi à redémarrer son véhicule et à s'arrêter quelques dizaines de mètres plus loin. Il a verrouillé les portières et tenté de se rincer avec l'eau dont il disposait.
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Chirurgie
Ses agresseurs ne se sont pas arrêtés là. Ils ont frappé les vitres, lancé des briques et des projectiles sur sa voiture avant de disparaître à l'arrivée de collègues alertés par son appel.
Noël Rakotonirina a été conduit en urgence à l'hôpital HJRA, où les médecins ont constaté des brûlures chimiques au troisième degré et une atteinte grave des yeux, d'après ses proches. Son oeil gauche serait perdu et le droit ne lui permet plus qu'une vision réduite.
Il a passé cinq mois hospitalisé, soumis à des soins constants et à une douleur permanente. Il a perdu son emploi et vit désormais hébergé chez des proches, dépendant de l'aide quotidienne de sa femme. Ses enfants n'ont pu le voir que rarement depuis le drame. Les spécialistes affirment que seule une chirurgie reconstructrice en France pourrait lui offrir une chance de retrouver en partie l'usage de son visage et de préserver le peu de vue qu'il lui reste.
Les interventions nécessaires, les déplacements et l'hébergement représentent un coût estimé à 52 000 euros. Pour réunir cette somme, une cagnotte a été ouverte par Johann Arfelli, qui l'héberge depuis plusieurs mois.