Afrique: Le sacre du Sénégal volé sur tapis vert, le continent sombre dans la parodie

18 Mars 2026
opinion

Le football africain vient de vivre son 11-septembre. Dans une décision d'une violence inouïe, tombée en catimini le soir du 17 mars 2026, la Confédération Africaine de Football (CAF) a rayé d'un trait de plume la victoire héroïque du Sénégal lors de la CAN 2025. En invoquant l'article 84 de son règlement pour offrir le titre au Maroc deux mois après la finale, l'instance continentale ne se contente pas de modifier un score : elle assassine la crédibilité du sport roi en Afrique.

Le "Hold-up" nocturne : une intelligence juridique au service du chaos

Comment justifier l'injustifiable ? Le communiqué de la commission d'appel de la CAF est un chef-d'œuvre de cynisme. En déclarant le Sénégal "forfait" (3-0) a posteriori, l'instance soulève une question brûlante : pourquoi ce silence de soixante jours ? Si des irrégularités existaient, le droit et la morale sportive exigeaient une décision immédiate, le soir de la finale ou, au plus tard, le lendemain.

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Miser sur l'apaisement de la ferveur populaire pour frapper en traître, en pleine soirée de Ligue des Champions européenne, trahit la peur viscérale de l'« Instance Footballistique la plus intelligente » d'Afrique face à la transparence. Ce verdict tardif, surgi des abysses bureaucratiques, s'apparente moins à une rigueur juridique qu'à une exécution politique froide, méticuleusement orchestrée dans l'obscurité des bureaux du Caire.

1976 - 2026 : La mémoire sélective de la CAF

L'histoire bégaie, mais avec une partialité révoltante. En 1976, lors de la finale contre la Guinée à Addis-Abeba, le Maroc avait lui-même quitté le terrain pour protester contre l'arbitrage, interrompant le match de longues minutes avant de revenir sous la pression des officiels pour arracher le nul (1-1). À l'époque, la CAF avait fermé les yeux, permettant au Maroc de soulever son premier trophée malgré ce comportement anti-sportif.

Cinquante ans plus tard, la rigueur ne s'applique qu'au Sénégal. En 1976, on pardonnait l'abandon momentané des Lions de l'Atlas ; en 2026, on dépouille les Lions de la Teranga de leur titre sur un tapis vert deux mois après leur victoire héroïque (1-0). Le message est clair : la loi de la CAF est à géométrie variable, toujours inclinée vers le même côté de la Méditerranée.

Corruption et vassalité : le football africain sous perfusion politique

Disons les choses clairement : le football africain est devenu un jouet politique. Le monde entier a vu Pape Gueye crucifier le destin à la 94e minute, offrant au Sénégal une deuxième étoile méritée au bout de l'effort. Mais dans les bureaux, une autre réalité a été imposée : celle où le Maroc devait gagner.

Cette décision soulève une question de survie pour notre continent. L'Afrique n'a que faire de dirigeants de confédération qui agissent comme des vassaux, guidés par un appétit financier insatiable et des intérêts qui dépassent le cadre du sport. Quel message envoyons-nous à la jeunesse africaine ? Que le travail, la sueur et le talent ne pèsent rien face au lobbying et aux réseaux d'influence ? Une telle mascarade serait impensable en Europe. Si l'UEFA tentait de retirer un titre à l'Espagne ou à l'Italie deux mois après une finale, le continent entrerait en insurrection. En Afrique, on nous demande d'accepter l'inacceptable sous couvert de "règlements".

Une étoile de papier pour un champion sans gloire

Comment le peuple marocain peut-il décemment savourer ce "titre" ? Gagner sans sueur, par une pirouette juridique de dernière instance, est une victoire sans saveur qui ne trompe personne. Le lobbying a peut-être triomphé dans les documents officiels, mais il a échoué dans le cœur de chaque amoureux du football.

Le Sénégal est, et restera pour l'éternité, le véritable vainqueur de la CAN 2025. Aucun décret, aucune notification nocturne ne pourra effacer la réalité d'un match où la Teranga a prouvé sa supériorité. Le Maroc repart avec une coupe en métal ; le Sénégal garde sa dignité et son étoile gravée dans l'histoire. Entre le champion des bureaux et le champion du peuple, la planète entière a déjà rendu son verdict.

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