Sénégal: Panel sur les défis de la condition féminine - Regards croisés sur la santé mentale de la femme

18 Mars 2026

Les femmes du mouvement « Defé Neneen-Agir Autrement » ont célébré, le 15 mars 2026, la Journée dédiée aux droits des femmes par un panel sur la santé mentale de la femme. La rencontre, organisée à Keur Massar, a permis de croiser les regards religieux et scientifiques sur les défis de la condition féminine.

C'est sous le thème : « Santé des femmes en Islam » que le mouvement citoyen « Defé Neneen-Agir Autrement » a célébré la Journée internationale des droits des femmes. Le panel, organisé le 15 mars 2026, à Keur Massar, a permis d'explorer la question sous un prisme à la fois spirituel et médical. La panéliste, Seyda Fatou Binetou Diouf, a rappelé que l'Islam a libéré la femme en lui conférant des droits et des devoirs spécifiques, la désignant comme la gardienne de la famille. Toutefois, elle a fait remarquer que la réalité est tout autre, car de nombreuses femmes sont aujourd'hui laissées à elles-mêmes, y compris sur le plan sanitaire. Bien que la prise en charge financière incombe théoriquement à l'homme, elle a relevé que les épouses assument souvent des responsabilités qui ne constituent pas une obligation religieuse stricte. Ceci fait dire au psychologue Ngor Dieng que les enfants sont devenus des « orphelins aux parents vivants ».

Ces derniers, dit-il, absorbés par la quête de revenus, délèguent l'éducation aux aide-ménagères. Or, celles-ci sont plus préoccupées par les tâches domestiques que par l'éveil des enfants. Le spécialiste explique cette dérive par une recherche effrénée du matériel, générant une pression et un stress permanents qui impactent directement la santé mentale des femmes. En outre, le psychologue pointe du doigt les Violences basées sur le genre (Vbg), la dépression post-partum et le poids de certaines traditions, comme le « suukaru koor », devenu une obligation sociale pesante. Il a également dénoncé le silence imposé aux femmes face aux souffrances conjugales.

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« On exige de la femme une résilience sans faille tout en lui imputant systématiquement les torts, alors que son corps subit déjà les épreuves physiques liées à la maternité », a martelé Ngor Dieng, invitant les hommes à s'investir davantage dans la protection de leur épouse. Pour Khadija Samaké, point focal du mouvement à Keur Massar Sud, une femme jouissant d'une bonne santé mentale est plus apte à revendiquer ses droits et à porter durablement ses projets de vie.

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