Sénégal: CSW70 - Maimouna Dièye plaide pour un renforcement de l'accès des femmes à la justice

19 Mars 2026

À l'occasion de la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), le Sénégal a organisé un événement parallèle consacré à l'amélioration de l'accès des femmes et des filles à la justice.

Présidant la rencontre, la ministre de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dièye, a plaidé pour un renforcement de l'approche multisectorielle et des dispositifs de prise en charge de proximité des victimes de violences. Ce panel a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, dont la Vice-Secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux du Sénégal, Yassine Fall...

Dans son intervention, Maimouna Dièye a rappelé que l'accès à la justice demeure un défi majeur pour de nombreuses femmes à travers le monde. Elle a souligné que les femmes ne disposent aujourd'hui que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Une situation qui, selon elle, traduit un déséquilibre structurel limitant les perspectives des femmes et perpétuant des discriminations souvent renforcées par des pesanteurs socioculturelles.

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La ministre a par ailleurs, évoqué les multiples obstacles qui freinent les victimes dans leurs démarches. La peur de la stigmatisation, la pression familiale ou encore la volonté de préserver l'honneur du foyer conduisent souvent les femmes au silence.

À ces facteurs s'ajoutent des contraintes économiques, notamment la dépendance financière de nombreuses victimes qui constitue une barrière importante pour engager des procédures judiciaires ou assumer les frais liés aux démarches.

Les obstacles géographiques et institutionnels représentent également des défis importants.

Dans certaines zones rurales, l'éloignement des tribunaux, la complexité des procédures judiciaires ou encore l'insuffisance de mécanismes d'urgence compliquent l'accès des femmes à la justice. Cette situation concerne particulièrement les femmes vivant avec un handicap, dont la vulnérabilité est davantage accentuée.

Face à ces défis, Maimouna Dièye a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs intervenant dans la prise en charge des victimes. Selon elle, une approche multisectorielle impliquant la justice, la santé, les services sociaux et les organisations communautaires est indispensable pour garantir une réponse efficace et adaptée.

La ministre a toutefois souligné que le Sénégal a déjà enregistré des progrès notables dans la promotion et la protection des droits des femmes.

Elle a cité notamment les efforts de vulgarisation des textes juridiques, la mise en place de structures d'accueil et de lignes d'assistance pour les victimes de violences, ainsi que la formation des magistrats, des officiers de police judiciaire, du personnel de santé et des travailleurs sociaux à une approche sensible au genre. Malgré ces avancées, les défis restent importants. Pour Maimouna Dièye, il est impératif de maintenir la mobilisation afin de garantir une justice accessible à toutes les femmes.

« Chaque femme victime de violence ou d'atteinte à ses droits fondamentaux est une voix qui appelle à la justice, à la protection et à la dignité », a-t-elle déclaré.

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