Ile Maurice: Les prix des billets d'avion pourraient grimper de 30% à 50 %

La guerre Israël/États-Unis-Iran et les tensions qu'elle occasionne au Moyen-Orient, commencent à se répercuter concrètement sur le secteur aérien.

Entre la hausse du prix du pétrole et la désorganisation des flux de trafic entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie, les compagnies aériennes en particulier celles du Golfe se retrouvent fragilisées. À l'approche des vacances de Pâques, les voyageurs doivent désormais composer avec une hausse notable des prix des billets et se tourner vers des destinations alternatives.

Selon Omarfarooq Omarjee, directeur exécutif d'OMJ Company, cette augmentation s'explique avant tout par les mécanismes du yield management. «Plus la demande est forte et l'offre limitée, plus les prix augmentent», résume-t-il. Or, la situation actuelle a fortement réduit certaines capacités, notamment en raison de la fermeture temporaire de l'aéroport de Dubaï, plaque tournante essentielle pour le trafic international.

Maurice dépendait largement de cette connectivité, notamment avec les trois vols quotidiens d'Emirates reliant l'île à Dubaï, permettant ensuite aux passagers d'aller vers d'autres destinations. «Du jour au lendemain, une grande partie du trafic n'était plus disponible. Les passagers ont dû trouver des alternatives, changer de compagnies ou annuler leurs voyages», explique-t-il.

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Les options se diversifient»

Conséquence : les lignes directes ont été prises d'assaut, entraînant une hausse rapide des prix. Certaines compagnies, comme Air Mauritius, ont augmenté la fréquence de leurs vols pour répondre à la demande tandis que des vols charter et de rapatriement ont été organisés vers des destinations telles que Paris, Londres ou Francfort.

Parallèlement, de nouveaux itinéraires émergent. Les passagers autrefois en transit à Dubaï, vont désormais vers d'autres hubs, notamment en Malaisie, en Inde ou encore en Afrique. Johannesburg devient ainsi un point de transit stratégique pour rejoindre l'Europe lorsque les vols directs sont complets.

D'autre part, la demande reste soutenue pour les prochaines vacances du mois d'avril, indique Ajmal Tincowree, directeur de Shamal Travels. «La situation n'est pas entièrement négative. Les Mauriciens continuent de voyager. Avec le Moyen-Orient temporairement hors circuit, les options se diversifient», relèvet-il. «Des destinations comme l'Afrique du Sud, la Thaïlande, la Malaisie ou encore Singapour enregistrent ainsi une forte demande. Des lignes aériennes augmentent leurs fréquences de vols et ces destinations alternatives proposent des offres spéciales aux voyageurs. Donc, pour les prochaines vacances, la tendance se confirme avec un report vers ces autres destinations. Je dirais que c'est davantage un shift qu'une crise», soutient Ajmal Tincowree.

Par rapport aux prix, la réduction de l'offre, avec moins de vols disponibles, accentue la pression sur les tarifs. «La demande reste forte et par conséquent, les tarifs ont déjà commencé à augmenter, avant même l'impact total de la hausse du kérosène», fait-t-il ressortir. Pour l'heure, la hausse des prix des billets n'est pas généralisée mais reste localisée sur certaines destinations où les prix ont déjà augmenté par plus de 30 %, à l'instar des vols vers l'Europe.

Quant au prix du kérosène (Jet A-1), il a fortement augmenté, impactant directement les tarifs. «Certaines compagnies fonctionnent avec des contrats à prix fixe mais celles qui achètent le carburant au prix du marché sont les premières affectées», souligne Omarfarooq Omarjee. Chaque nouvelle cargaison de carburant étant acquise à un tarif actualisé, les ajustements se répercutent rapidement sur les billets.

Cet impact devrait se faire davantage sentir dans les jours ou semaines à venir, selon Ajmal Tincowree, «les prix des billets pourraient grimper de 30 % à 50 % dans les semaines à venir, de manière généralisée, à mesure que les effets du coût du carburant se répercuteront sur les coûts liés au prix du fioul comme par exemple les taxes et les surcharges entre autres.»

Il est ainsi observé qu'avant les prochaines hausses, soit avant que les prix ne doublent, les réservations pour les prochains mois ont déjà fortement augmenté, avec des billets encore relativement abordables.

Malgré ces perturbations, le trafic aérien mondial ne s'est pas arrêté. Des destinations en Europe, en Asie, en Afrique ou encore aux États-Unis restent desservies, même si des ajustements sont nécessaires. La situation demeure toutefois plus sensible pour les trajets passant par le Moyen-Orient, où certaines zones aériennes sont désormais évitées.

Si l'aéroport de Dubaï a rouvert depuis, l'incertitude persiste. Pour les professionnels du secteur, un retour à la normale dépendra largement de l'évolution du conflit. En attendant, les voyageurs doivent s'adapter à une nouvelle réalité : celle d'un transport aérien plus coûteux et en pleine recomposition.

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