Le rapport de l'Audit 2024-2025 met en lumière plusieurs irrégularités dans les états financiers soumis par les ministères et départements au Trésor. À la suite d'un échantillonnage des Accounting Returns effectué par les officiers du National Audit Office après la date limite du 14 août 2025, de nombreuses erreurs ont été relevées jusqu'en novembre 2025.
Parmi les cas les plus marquants figure celui du ministère de la Santé et du bien-être. Les chiffres relatifs aux engagements (accruals) ont été sous-estimés à hauteur de Rs 168 millions au 30 juin 2025, notamment en ce qui concerne le paiement de biens et services, les heures supplémentaires et les retenues.
À cela s'ajoute l'absence de soumission des inventaires par 148 établissements de santé relevant de ce même ministère, un manquement significatif dans la gestion des actifs publics.
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Le rapport souligne également des anomalies concernant les aides financières. Des créances totalisant Rs 98,8 millions, principalement liées à des trop-perçus au 30 juin 2025, n'ont pas été comptabilisées, selon les données compilées par la Mauritius Revenue Authority. De même, des dettes (payables) s'élevant à Rs 250,4 millions, associées à ces mêmes dispositifs, n'ont pas été enregistrées dans les comptes.
Au niveau de la force policière, des incohérences ont aussi été relevées. Les inventaires de 15 magasins, évalués à Rs 537,8 millions au 30 juin 2025, reposaient sur des soldes comptables (ledger balances) plutôt que sur des vérifications physiques des stocks. De plus, les valeurs de remplacement estimées ou les valeurs nettes réalisables pour 13 de ces magasins n'ont pas été incluses dans les rapports.
Autre point préoccupant : le montant de Rs 3,3 milliards lié aux Passage Benefits, comptabilisé comme avantages aux employés, a été calculé sur une base incrémentale, sans qu'un calcul détaillé ne vienne étayer ce chiffre.
Le National Audit Office précise que ces constats reposent sur un échantillon et n'excluent pas la présence d'autres erreurs significatives dans les états financiers d'autres ministères ou départements. Ces lacunes pourraient ainsi affecter la fiabilité et la sincérité des états financiers du gouvernement.
Face à ces défaillances, l'Audit recommande au Trésor de mettre en place un système adéquat afin de garantir la fiabilité des données comptables soumises par les différentes entités publiques.