Face à la disparition à grande échelle du couvert forestier en Côte d'Ivoire, des acteurs du secteur agricole examinent la synergie entre l'agriculture et l'exploitation forestière durables. À travers leur faîtière, l'Union des entreprises du monde agricole et forestier (Unemaf), ces experts ont, à cet effet, initié un atelier le mercredi 18 mars 2026, à Cocody (Abidjan).
Les acteurs agricoles souhaitent comprendre les interactions entre l'agriculture et l'exploitation forestière. Ceux-ci entendent aussi mener des réflexions pouvant améliorer la complémentarité entre leurs activités et la forêt. Ils veulent, en outre, identifier les contraintes techniques, réglementaires et institutionnelles qui freinent une meilleure articulation entre les deux secteurs, puis obtenir une feuille de route commune, ambitieuse et réaliste pour une Côte d'Ivoire où agriculture et forêt coexistent.
Selon le président de l'Unemaf, Yoro Bi Tizié, les chiffres relatifs à la forêt disponible en Côte d'Ivoire sont alarmants : « Notre couvert forestier est passé de 16 millions d'hectares au début du XXe siècle à 2,9 millions d'hectares. »
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Il explique que l'agriculture a été identifiée comme le principal moteur de cette déforestation. Il estime, en revanche, que si l'exploitation forestière est mal planifiée et conduite, celle-ci contribue davantage à la dégradation forestière et impacte négativement la productivité agricole.
Yoro Bi Tizié pense que la solution ne réside pas dans l'opposition entre l'agriculture et la forêt, « mais bien dans leur complémentarité, dans leur synergie », affirme-t-il.
Même si les chiffres sont alarmants, Boubacar Ben Salah, président du Syndicat des producteurs industriels du bois (Spib), se dit optimiste. Car, souligne-t-il, depuis cette dernière décennie, la Côte d'Ivoire est dans une phase de reboisement intensif qui favorise la reconstitution de la forêt.
En outre, en tant que professionnel du bois et de l'agriculture, il faut être capable de gérer l'espace forestier avec beaucoup de responsabilité et d'intelligence. « Il faut aller vers une agriculture intensive, une exploitation sur de petites surfaces, avec un meilleur rendement », affirme-t-il.
Dans le cadre des réflexions, trois communications ont été faites : l'une sur l'analyse des impacts négatifs sur le couvert forestier et les services écosystémiques ; la deuxième sur les politiques publiques et les programmes étatiques pour promouvoir la synergie entre agriculture et exploitation forestière ; la troisième sur les bonnes pratiques durables entre agriculture et exploitation forestière à partager.
À cette rencontre, étaient présents notamment les représentants des entreprises du monde agricole, des experts des ministères en charge de l'Agriculture, des experts du ministère des Eaux et Forêts et de l'Environnement, ainsi que ceux des syndicats, des coopératives et des partenaires financiers et techniques. Ceux-ci ont, tour à tour, partagé leurs expertises et leurs connaissances sur la problématique.