La gestion des actifs et des stocks apparaît particulièrement défaillante. L'audit révèle que le Government Asset Register n'a pas été mis à jour depuis juin 2022, avec des actifs évalués à Rs 489,5 millions, sans aucune inscription pour les acquisitions des trois dernières années. Plus inquiétant encore, des équipements endommagés n'ont pas été comptabilisés, ce qui empêche toute évaluation fiable du patrimoine de l'État dans le secteur de la santé.
Du côté des inventaires, les irrégularités sont majeures. Les stocks du ministère sont estimés à Rs 723,3 millions, mais ces données sont jugées incomplètes et peu fiables. Pas moins de 148 établissements de santé n'ont pas soumis leurs retours d'inventaire et les stocks de produits pharmaceutiques n'ont pas été correctement enregistrés. Cette absence de contrôle ouvre la porte à des pertes potentielles et à une mauvaise gestion des médicaments.
L'audit pointe également des dépenses inefficaces dans la gestion des équipements et véhicules. Par exemple, des coûts de réparation de Rs 460 000 ont été engagés sur des véhicules neufs en raison de mauvaises pratiques de conduite. À cela s'ajoutent des retards importants dans les procédures d'acquisition (procurement) : un projet d'achat d'ambulances, initialement budgété à Rs 17 millions, a finalement coûté environ Rs 14 millions, mais avec un cycle d'acquisition dépassant deux ans entre l'approbation et le paiement final.
Sur le plan des performances sanitaires, les indicateurs sont alarmants. Le taux de mortalité lié aux maladies non transmissibles a atteint 664 décès pour 100 000 habitants, bien au-dessus de la cible fixée à 575. Le nombre de décès est passé de 7 798 à 7 970 en une année. Parallèlement, la mise en oeuvre du plan national contre ces maladies n'a atteint que 30 % des objectifs, contre une cible de 45 %, traduisant un manque d'efficacité dans les politiques publiques de santé.
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Les insuffisances touchent également les infrastructures et équipements médicaux. Le ministère n'a pu acquérir que 32 ventilateurs néonataux sur les 60 prévus, compromettant l'amélioration des soins intensifs aux nouveau-nés.
Enfin, la gouvernance interne est sévèrement critiquée. L'audit met en évidence un dysfonctionnement majeur au niveau du Mauritius Institute of Health (MIH), censé être le centre de formation du secteur. L'absence de conseil d'administration pendant près d'un an et le chevauchement des responsabilités ont fortement limité son efficacité, avec seuls 124 médecins formés sur environ 1 700.