Ouganda: Des ONG voient leurs activités suspendues dans le contexte des tensions postélectorales

Le président Yoweri Museveni en campagne électorale à l'approche de l'élection présidentielle du 15 janvier.

En Ouganda, plusieurs ONG de défense des droits humains dénoncent la suspension de leurs activités et le blocage de leurs comptes. La semaine dernière, les autorités ont gelé les comptes bancaires de plusieurs organisations, dans le cadre d'enquêtes sur leurs financements. Parmi elles, Chapter four uganda, ainsi que d'autres ONG engagées sur les questions de gouvernance et de droits humains. Le tout dans un contexte tendu après l'élection présidentielle de janvier dernier.

Ces mesures interviennent prises par les autorités en Ouganda interviennent dans un contexte de durcissement du pouvoir, qui accuse certaines organisations de servir des intérêts étrangers et multiplie les suspensions depuis les élections de janvier.

Pour ces ONG, les conséquences sont immédiates. La réaction de Paul Wasser, membre de Chapter Four a été reccueillie par Christina Okello de RFI.

« À l'heure actuelle, nous ne pouvons plus fonctionner. Nos bureaux restent fermés. Nous ne pouvons pas payer nos employés, ni notre loyer. Nous ne pouvons même plus opérer légalement. À ce stade, aucune preuve concrète ne nous a été présentée. Je pense que nous sommes simplement ciblés en raison du travail que nous menons ».

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« Ce travail concerne la défense des droits humains, la gouvernance et les processus démocratiques, explique Paul Wasser. Et j'ai le sentiment que c'est en train de devenir un sujet tabou dans le pays, d'autant que plusieurs organisations actives dans ce domaine ont également été visées ».

« En 2021 déjà, notre organisation avait été fermée par le bureau des ONG. La suspension avait duré entre huit et dix mois, poursuit-il. Cette fois-ci, elle est en vigueur depuis le 13 janvier. Ce que nous demandons, c'est de la transparence dans toute la procédure, et de pouvoir reprendre nos activités. Nous n'avons enfreint aucune loi. Nous estimons ne représenter aucune menace pour la sécurité. Dénoncer l'injustice ne devrait pas être un crime ».

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