Le village de Keur Ndiaye Sam, dans la région de Louga, fait face à une équation d'accès à l'eau potable. Malgré les nombreux investissements consentis sur fonds propres.
LOUGA - Keur Ndiaye Sam, localité enclavée du département de Louga et partagée entre les communes de Kelle Guèye, Ngeune Sarr et Bandègne, polarise cinq villages et une population estimée à plus de 5.000 âmes.
Bénéficiant d'infrastructures socioéconomiques de base financées sur fonds propres, notamment un poste de santé, deux ambulances, un grand marché, un institut islamique doté d'un internat d'une capacité d'accueil de 280 places, d'une radio communautaire, etc., Keur Ndiaye Sam est freiné dans son élan de développement par l'accès à l'eau potable.
Malgré ces nombreuses infrastructures, les cinq villages qui la composent sont alimentés par deux bornes-fontaines qui sont loin de satisfaire la forte demande des populations. Une situation compliquée pour les ménages obligés de se masser devant les deux points d'eau tous les matins pour s'approvisionner.
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Profitant d'un événement religieux tenu, le week-end dernier, dans la localité, les femmes ont laissé éclater leurs souffrances. « Nous souffrons énormément de ce manque d'eau et nous ne pouvons développer aucune activité économique. Durant les grands événements, nous sommes obligées de nous approvisionner ailleurs en nous servant des citernes d'eau », se désole Khady Mbengue, habitante du village.
Maïmouna Sow, porte-parole du jour des femmes de la localité, avoue qu'elles n'ont « rien à envier aux grandes villes », car ayant toutes les infrastructures socioéconomiques pour développer leurs activités, mais elles butent « sur la question de l'accès à l'eau potable ».
Pourtant, avec l'appui d'un fils de la localité, un programme d'adduction a permis d'acheminer l'eau du Lac de Guiers jusqu'à l'entrée de Keur Ndiaye Sam.
« Aliou Lô (un fils du village) a financé le programme d'adduction d'eau jusqu'aux portes de la localité et se dit prêt à payer les branchements sociaux pour l'ensemble des concessions. Nous demandons une diligence du ministre de tutelle, pour que nos soucis en eau potable soient définitivement réglés », affirme Mme Sow.
Les populations, qui peinent à comprendre l'absence de branchements sociaux, sollicitent ainsi l'intervention du ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement pour alimenter les foyers et alléger leurs souffrances.
Keur Ndiaye Sam, qui a bénéficié de l'électrification rurale et de l'éclairage public grâce au Programme d'urgence du développement communautaire (Pudc), est présenté comme un modèle de village émergent dans la région de Louga.