Véritable coup de tonnerre dans un ciel du football africain qui n'était pas sans nuages, la décision de la commission d'appel de la Confédération africaine de football (CAF) de déclarer les Lions du Sénégal perdants de la finale de la CAN 2025 sur tapis vert n'en finit pas d'enfler en polémique. Une polémique qui déborde largement le champ sportif pour inonder les domaines diplomatique, politique et social avec de multiples enjeux dont il est très tôt de mesurer l'impact.
Dès lors, que le Tribunal arbitral du sport (TAS) invalide ou corrobore l'emblématique décision de la CAF du 17 mars 2026, la controverse n'est pas près de s'arrêter. Pire, avec cette folle polémique, des ponds vont se fissurer, voire s'effondrer et des barricades, ou tout au moins des cloisons de doute, de méfiance et de défiance s'ériger entre fédérations de football, au sein de la CAF, entre dirigeants sportifs, entre clubs de football, entre joueurs, entre Etats.
Où s'arrêtera l'onde de choc de ce tsunami qui a désagrégé l'image de la CAF, maculé celle de la fédération marocaine de football et froissé celle du Sénégal ? Difficile à dire, tant les passions attisent les flammes de l'émotion, surtout au Sénégal où tout le monde, de l'exécutif à monsieur Tartempion, en passant par le comité olympique et les associations sportives, tout le monde crie à la forfaiture, allant jusqu'à mettre dans la balance, Mammon et ses oeuvres de dessous de tables. C'est un peu fort de café, même si la CAF n'est pas la femme de Jules César et que par ailleurs, c'est vite jeter l'opprobre à la fédération marocaine de football, l'une des plus professionnelles et des plus engagées pour le développement du football africain. Au-delà de sa fédération de football, c'est tout le royaume chérifien, son peuple, qui ne méritent pas un anathème si rapidement jeté à la figure.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
En effet, la fédération marocaine a bien le droit de saisir les instances compétentes si elle estime que les textes statutaires de la CAF ont été violés, le résultat sportif dû-t-il en souffrir ? Dura lex sed lex ! Qu'aux arguments juridiques des uns s'opposent les contre-arguments juridiques des autres, suivant la lettre et l'esprit des lois. Et si des politiques, des diplomates devraient intervenir dans cette polémique, ce devrait être pour en appeler au calme, à dépassionner les débats à l'aune des relations de coopération exemplaires connues entre le Maroc et le Sénégal. La coopération Sud-Sud, celle maroco-sénégalaise notamment, est bien plus importante qu'un trophée sportif, fût-il la médaille d'or de la compétition la plus prestigieuse du sport roi en Afrique.
Balle à terre donc, les aveuglés de passion mortifère au Sénégal et ailleurs ! Calmez le jeu, à l'image du pondéré Gana Gueye, ce Lion qui est resté dans l'esprit de la Teranga en postant sur les réseaux sociaux sa disposition à rendre sa médaille, si ce noble désistement peut ramener la sérénité relationnelle entre le Maroc et le Sénégal. Info ou intox, comme cette autre déclaration, réputée infox, que l'on attribue à Achraf Akimi qui, sur les conseils de sa mère, ne voudrait pas de cette médaille à polémique, même si le TAS suivait la CAF dans sa décision du 17 mars 2026.
Quoi qu'il en soit, cette info ou cette intox serait des réactions isolées, qui on s'en doute, ne reflètent pas l'opinion générale au Maroc et au Sénégal. Raison de plus pour redire aux plus passionnés à nourrir la controverse : balle à terre ! Les médailles se rouillent ou changent de récipiendaires, les peuples et les nations demeurent à unir, à construire aujourd'hui, demain.