Afrique: Ormuz en feu - Le continent paie la facture

Trois semaines après les frappes israélo-américaines sur l'Iran et la mort du Guide suprême Ali Khamenei, le détroit d'Ormuz qui est une voie de transit pour 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en Gaz Naturel Liquéfié (GNL) est paralysé. Les prix du brut ont bondi de plus de 40 %, franchissant la barre des 100 dollars le baril. Même un cessez-le-feu immédiat ne suffirait pas à rétablir sans délai des flux normaux.

L'Afrique subit de plein fouet un choc qu'elle n'a pas provoqué. La flambée du Brent, l'effondrement logistique des grandes compagnies maritimes et la hausse vertigineuse des primes d'assurance frappent des économies déjà fragilisées, dépendantes des importations de carburants, d'engrais et de denrées alimentaires.

Selon le cabinet Zero Carbon Analytics, la croissance du PIB africain pourrait reculer de 1 à 3 points, sur une prévision initiale de 4,3 % établie par la Banque africaine de développement. Aggravant la situation, les réserves stratégiques de carburant de la plupart des pays africains ne couvrent que 15 à 25 jours de consommation, contre 90 jours recommandés.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Le Sénégal est particulièrement exposé. Importateur quasi total de produits pétroliers raffinés, le pays voit ses secteurs vitaux (pêche, transport, agriculture, électricité) directement menacés par la hausse des prix à la pompe. Le paradoxe est cruel : Sangomar produit du brut, Grand Tortue Ahmeyim exporte du GNL, mais faute de capacités nationales de raffinage, le Sénégal reste structurellement dépendant de l'extérieur.

La crise d'Ormuz n'est pas seulement un choc conjoncturel. Mais un révélateur brutal de l'absence de souveraineté énergétique africaine. Raffinage local, transition vers les renouvelables, coordination régionale au sein de la CEDEAO : ces chantiers ne sont plus des ambitions de long terme. Ils sont devenus des urgences.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.