Il réalise toujours ce qu'il annonce. Il prolonge plus que nécessaire le parcours du Président Félix Houphouët-Boigny. Dernier acte en date, le retour du tambour atchan, Djidji Ayôkwé. Houphouët-Boigny avait tenté l'initiative en 1956, sans succès.
En 2019, le Président Alassane Ouattara relance le projet. En 2026, les 430 kilogrammes de tambour retrouvent les bords de la lagune Ebrié. Envoyant un écho de solidarité, de cohésion et de retour aux racines.
Le son de son retour a parcouru toute la Côte d'Ivoire et même au-delà. Le tambour parleur atchan est allé bien au-delà de sa portée de 20 Kilomètres. Non pour annoncer un danger ou alerter sur une éventuelle situation délicate, par langage codé, comme à son origine.
Mais, 116 ans après son départ de la terre natale, son retour porte plusieurs messages. Le premier, c'est celui du retour aux sources, à nos valeurs culturelles. Donc à notre histoire. Nous avons tous voulu que cet instrument regagne la terre de ses créateurs, de ses propriétaires. C'est fait. Il est simplement à souhaiter que le Djidji Ayôkwé soit le déclic de la sensibilité culturelle de l'Ivoirien.
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Une des préoccupations était de s'assurer qu'une fois à Abidjan, l'instrument historique bénéficie d'un entretien conséquent pour lui garantir une survie intègre. Cette condition est prise en compte. Reste que le tam-tam doit avoir de l'intérêt pour la population.
Combien sommes-nous à nous rendre au musée national ! Combien sommes-nous à nous intéresser aux choses culturelles ! Combien sommes-nous à chercher à comprendre nos rites et coutumes ! Combien sommes-nous à parler correctement nos langues traditionnelles !
Le son du Djidji Ayôkwé nous interpelle sur ces différents questionnements. Il est important de garder notre âme culturelle.
C'est souvent lors de certaines cérémonies, comme le décès, le mariage, la fête de génération, que nous nous souvenons de nos habitudes culturelles. Beaucoup plus par obligation que par nécessité. Pourtant, un peuple sans références culturelles est un peuple déraciné.
C'est notre Acide désoxyribonucléique (Adn). C'est ce que nous apportons dans le concert des Nations. Notre symbole identitaire. Ce tambour doit raviver notre rapport à la chose culturelle. C'est donc l'occasion de renforcer l'éducation culturelle et historique.
Regardons dorénavant le balafon autrement. Comprenons ce qu'il véhicule comme message. Ayons du respect pour la guitare traditionnelle baoulé à trois cordes. Faisons attention à la flûte du chansonnier bété. Honorons nos rythmes Tohourou, Abodan, Goly, Boloï, etc.
Par ailleurs, l'arrivée du Djidji Ayôkwé doit stimuler le tourisme culturel. Il doit réveiller en chacun la fibre culturelle. Et faire de chaque citoyen un ambassadeur des valeurs traditionnelles et historiques ivoiriennes.
Le deuxième message que le son du Djidji Ayôkwé transmet à la Côte d'Ivoire est la détermination, la persévérance. C'est en 1956 que le Président Félix Houphouët-Boigny, alors ministre délégué à la Présidence du Conseil dans le gouvernement français dirigé par Guy Mollet, lance l'idée de récupérer le tambour parleur.
Cette démarche n'aboutit pas. 63 ans plus tard, soit en 2019, son filleul, Alassane Ouattara, reprend le chantier. Il manifeste la volonté de revoir le tam-tam sur ses terres.
La route est longue. Elle dure sept ans. L'initiateur n'abandonne pas. Il reste concentré sur son sujet. Il fait entendre sa cause dans l'hexagone. Le son retentit fortement. L'écho est favorable. Et ses interlocuteurs adoptent son rythme et le suivent dans ses pas. La cadence est bonne. La suite est connue.
Depuis le vendredi 13 mars dernier, le son du Djidji Ayôkwé, du haut de ses 3,5 mètres, se fait entendre depuis la lagune Ébrié, Abidjan. Un exemple d'abnégation et de courage. Être accroché à sa vision, à son objectif.
C'est pourquoi la population vivant en Côte d'Ivoire garde beaucoup d'espoir sur les grands projets initiés. Beaucoup de ces initiatives ont quitté le stade de la conception idéologique. Ce sont des projets déjà en réalisation. On a des exemples. La première ligne du métro abidjanais.
Chaque jour, une nouvelle pierre de cette infrastructure historiquement futuriste est posée. Les habitants ou visiteurs de l'itinéraire en sont témoins. Les ponts de l'école de police et de la Riviera Palmeraie peuvent être aperçus dans leur forme concrète et sont en finition.
Les branches de l'autoroute de contournement d'Abidjan, la Y4, vers le carrefour de Jacqueville sont en achèvement. La tour F pointe son nez dans le ciel ivoirien. Les murs des universités d'Odienné et de Bouna sont des réalités observables.
Une grande Côte d'Ivoire, une vision qui se transforme en réalité morceau par morceau, au quotidien. Il est bon de regarder devant. Toutefois, il est stratégique d'observer où on se trouve.
Histoire d'apprécier notre position. Ce, pour évaluer le long chemin déjà parcouru depuis notre situation de départ... souvent calamiteuse. Que le son du Djidji Ayôkwé retentisse plus que jamais, pour rassembler les Ivoiriens autour de l'essentiel : une Côte d'Ivoire prospère, plus joyeuse.