Sénégal: Rattrapage infrastructurel à Ziguinchor - Deux chantiers stratégiques en phase finale

Le Premier ministre Ousmane Sonko s'est prononcé, lors de son déplacement en Casamance, sur les grands travaux qui dessinent les contours d'un plan de rattrapage infrastructurel pour le sud du Sénégal.

L'aéroport de Ziguinchor sera opérationnel avant la fin du mois d'avril. C'est l'engagement pris par le chef du gouvernement lors de sa visite dans la capitale régionale, en marge des festivités de la Korité. Une ouverture longtemps repoussée, qui cristallisait les frustrations des opérateurs économiques et des acteurs du tourisme en Casamance. Selon les informations communiquées sur place par les ministres de tutelle, seule la pose de la dernière couche d'enrobé bitumineux conditionne encore la mise en service de l'infrastructure. Un délai jugé raisonnable, qui ouvrirait enfin à la région une connexion aérienne directe avec Dakar et, à terme, avec d'autres destinations.

L'autre annonce majeure concerne un projet encore plus structurant à savoir la construction d'un nouveau pont sur le fleuve Casamance. L'ouvrage actuel, vieillissant et insuffisant au regard des flux de marchandises et de personnes, constitue un goulot d'étranglement bien connu des acteurs économiques locaux. Le gouvernement indique avoir relancé le dossier dès son installation en 2024, avec la sélection d'un groupement sino-sénégalais à l'issue d'un appel d'offres.

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Le coût du chantier est évalué à « plusieurs centaines de milliards de francs CFA », sans que le montant précis ne soit encore arrêté. Une enveloppe de 30 milliards de FCFA a néanmoins été inscrite au budget en cours pour couvrir la finalisation des études et amorcer les travaux. Le projet inclura également la réalisation de l'axe routier Ziguinchor-Tobor, pensé comme un corridor complémentaire destiné à améliorer la fluidité des échanges dans l'agglomération et vers l'intérieur de la région.

Un potentiel économique en attente de désenclavement

Ces deux projets s'inscrivent dans une problématique plus large : le désenclavement d'une région naturellement riche (agriculture, pêche, tourisme, ressources forestières), mais handicapée depuis des décennies par des infrastructures de transport insuffisantes et un conflit armé à bas bruit qui a découragé les investissements. La mise en service de l'aéroport et la construction du pont constituent, aux yeux des acteurs locaux, deux conditions préalables à une relance économique durable.

L'enjeu dépasse la seule Casamance : le désenclavement du sud permettrait également de renforcer les liaisons commerciales avec la Gambie et la Guinée-Bissau, dans une logique d'intégration sous-régionale. Reste à confirmer les délais annoncés. En matière de grands chantiers publics au Sénégal, les calendriers ont souvent été bousculés par des contraintes financières et administratives. La mise en service effective de l'aéroport d'ici fin avril constituera un premier test de crédibilité pour le gouvernement sur ce dossier.

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