Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a insisté mardi sur la nécessité d'une gouvernance cohérente et coordonnée pour réussir la transformation numérique de l'État.
"Le succès de la transformation numérique ne saurait se réduire à une simple exigence politique. Il suppose une volonté collective d'agir de concert, selon une stratégie globale bien définie et partagée par toutes les parties prenantes", a-t-il déclaré.
Il présidait la cérémonie de lancement de projets structurants du New Deal technologique, au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), en présence de plusieurs membres du gouvernement et les partenaires.
Le chef du gouvernement a mis en garde contre les initiatives menées en solo, à ses yeux sources de fragmentation et de coûts supplémentaires pour l'État.
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"Des systèmes qui ne communiquent pas engendrent des surcoûts opérationnels et compliquent la vie des citoyens, confrontés à une multiplicité de plateformes et de procédures non articulées", a-t-il souligné.
Dans cette dynamique, il a présenté le guichet unique du citoyen comme la "pièce maîtresse" de la réforme numérique.
Cette plateforme vise à offrir une interface unique, simple et accessible, permettant aux usagers, où qu'ils se trouvent sur le territoire national, d'accéder aux services publics, de soumettre leurs demandes et de suivre leur traitement à distance.
"Demain, un citoyen n'aura plus à se déplacer pour obtenir un document administratif. Il pourra effectuer ses démarches depuis son téléphone portable", a expliqué le Premier ministre, évoquant notamment la délivrance du casier judiciaire.
Il a également annoncé la mise en place d'une plateforme de services consulaires en ligne, destinée à simplifier les démarches des Sénégalais de l'extérieur, grâce à une interface sécurisée et multilingue.
Sur le plan des infrastructures, Ousmane Sonko a fait état du déploiement de solutions cloud dans les centres de données nationaux, avec des garanties de sécurité, de conformité et de souveraineté.
"Nos données les plus sensibles seront hébergées sur le territoire national, sous notre contrôle", a-t-il assuré.
Il a en outre relevé une amélioration significative de la connectivité, avec une augmentation de la bande passante nationale de 600 Mbps à 200 Gbps, ainsi que l'extension de l'Internet gouvernemental à plusieurs administrations.
Face aux cybermenaces, le gouvernement entend renforcer ses capacités à travers des outils conformes aux standards internationaux, afin de protéger les systèmes publics et les données sensibles.
Par ailleurs, un programme de connectivité universelle est en cours pour desservir les zones blanches, avec l'objectif de fournir un accès gratuit à Internet à plus d'un million de citoyens, notamment dans les zones rurales et enclavées, a-t-il indiqué.
Le Premier ministre a également mis en avant le potentiel de la jeunesse sénégalaise dans le développement du numérique, à travers la mise en oeuvre du "Startup Act" et de mesures d'accompagnement en faveur des entrepreneurs technologiques.
Il a salué l'appui des partenaires techniques et financiers, notamment l'Union européenne, la coopération allemande, la JICA, agence japonaise de coopération internationale, et des acteurs privés, tout en félicitant le ministère en charge du Numérique pour son engagement.
Il a rappelé que la transformation numérique vise avant tout à améliorer le quotidien des citoyens. "Il s'agit de bâtir un État cohérent, où les services se parlent, se retrouvent au même endroit et ne demandent pas plusieurs fois les mêmes informations aux usagers", a-t-il indiqué.
"Le New Deal technologique n'est pas un programme, mais un engagement collectif pour un Sénégal numérique, souverain et inclusif", a-t-il affirmé.