Ile Maurice: «Financial Assistance Scheme» - Une générosité coûteuse critiquée...

Le Financial Assistance Scheme (FAS), mis en place sous l'ancien gouvernement, s'est progressivement imposé comme un pilier central de la politique de soutien aux revenus. Conçu à l'origine comme un mécanisme d'amortissement social face aux chocs économiques et à l'érosion du pouvoir d'achat, il a connu une expansion rapide et massive au cours des dernières années. Mais ces dispositifs s'accompagnent aujourd'hui de critiques sévères, notamment dans le rapport de l'Audit 2024-25, qui met en lumière des failles importantes dans sa gestion et son efficacité.

Les chiffres traduisent l'ampleur du phénomène. En l'espace de trois exercices financiers, les dépenses liées au FAS ont été multipliées par près de quatre, passant de Rs 5,65 milliards en 2022-2023 à Rs 20,8 milliards en 2024-2025. Au total, ce sont Rs 20,781 milliards qui ont été déboursées à la fin juin 2025 pour financer 24 dispositifs distincts. Cette évolution illustre non seulement une volonté politique d'élargir le filet de sécurité sociale mais aussi une transformation du rôle de la Mauritius Revenue Authority (MRA) en une agence de déboursement.

Parmi les principaux programmes, la Contribution sociale généralisée (CSG) Income Allowance domine largement, avec Rs 10,7 milliards, soit 52 % des décaissements totaux. À cela s'ajoutent plusieurs nouvel les mesures introduites sous le précédent gouvernement : la School Allowance (Rs 2 milliards), le 14e mois de boni (Rs 1,3 milliard) ou encore la Child Allowance (Rs 1,2 milliard). D'autres dispositifs comme la prime à l'emploi (Rs 1,53 milliard) et les allocations d'indépendance complètent cet ensemble hétérogène. Cette multiplication d'aides traduit une approche fragmentée, faite de mesures successives empilées plutôt qu'une architecture cohérente et ciblée.

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C'est précisément sur ce point que le rapport de l'Audit 2026 se montre critique. Il souligne que les mécanismes de contrôle et de suivi restent largement insuffisants face à l'ampleur des fonds engagés. L'éligibilité des bénéficiaires repose principalement sur des auto-déclarations et des données administratives (CSG, Pay As You Earn), avec peu de vérifications indépendantes en amont. En conséquence, le système peine à détecter les bénéficiaires non éligibles avant le décaissement des fonds.

Plus préoccupant encore, le suivi post-paiement apparaît limité, les enquêtes étant souvent déclenchées à la suite de plaintes du public plutôt que par des mécanismes internes robustes. Le rapport évoque ainsi un risque réel de paiements indus, voire de fraudes, dans un contexte où les contrôles restent essentiellement réactifs.

Face à ces constats, les recommandations du directeur de l'Audit sont claires : renforcer les mécanismes de vérification en amont, améliorer la coordination entre institutions et développer des outils de contrôle plus performants. Mais la réponse de la MRA met en évidence une contrainte majeure : son action est encadrée par des dispositions légales, qui limitent sa marge de manœuvre, notamment en matière de critères d'éligibilité.

Au final, le FAS démontre un dilemme fondamental : celui d'un État qui dépense davantage pour soutenir sa population mais dont la capacité à cibler efficacement et à contrôler ses dépenses reste en deçà des enjeux. Entre impératif social et exigence de rigueur budgétaire, la question n'est plus seulement de savoir combien l'État dépense mais comment et pour qui. Entre-temps, la quasi-totalité de ces dispositifs d'aide sociale a été éliminée par le nouveau gouvernement dans le dernier Budget 2025-2026.

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