Initiative de l'Autorité nationale de la presse (Anp), la 3e édition de la Semaine nationale de la presse (Snp) s'est ouverte, le 23 mars, au palais de la culture Bernard Dadié, avec un discours engageant du ministre de la Communication.
Responsabilité et éthique. Voilà les maîtres-mots des discours qui ont été prononcés, le 23 mars, au palais de la culture Bernard Dadié de Treichville, à l'ouverture de la 3e édition de la Semaine nationale de la presse (Snp) 2026 organisée par l'Autorité nationale de la presse (Anp). À première vue banals, ces deux mots constituent pourtant, selon le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, qui a présidé la cérémonie, les clés pour se repérer et évoluer sereinement dans la société de l'information.
À l'en croire, cette responsabilité et cette éthique sur lesquelles il a insisté consistent essentiellement en ce réflexe simple de la vérification systématique de l'information avant toute diffusion. « Apprendre à vérifier l'information, c'est refuser d'être manipulé. En apprenant à douter sainement, vous ne devenez pas des sceptiques, vous devenez des citoyens responsables qui protègent la paix et la cohésion de notre pays », a-t-il soutenu.
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En effet, dans cette société hyperconnectée où la création, la distribution et la manipulation de l'information jouent un rôle de plus en plus central, le problème n'est plus le manque d'information, mais son excès. Pour ce faire, l'exercice d'un journalisme à cheval sur les règles d'éthique et de déontologie est de mise.
« Dans ce tourbillon numérique, l'information de qualité est trop souvent noyée sous le flot des rumeurs, des sentiments, des opinions et des commentaires. Il nous faut impérativement un journalisme de rigueur, un journalisme éthique et professionnel, pour tracer une ligne claire entre la vraie et la fausse information », a affirmé le ministre de la Communication.
Raison pourquoi il a salué l'Anp et son président, Samba Koné, pour l'initiative et la poursuite de la Snp et surtout pour le thème retenu, à savoir « Comment mieux s'informer ». Pour lui, ce thème est « un signal fort et une invitation faite à chaque citoyen à devenir acteur de sa propre information ».
L'Ia : une opportunité et un défi
Ont pris part à la cérémonie d'ouverture les premiers responsables des médias d'État, d'institutions de régulation des médias, des établissements partenaires de la Snp et des dizaines d'élèves et étudiants. Dans son discours engageant, Amadou Coulibaly avait un mot pour chacun.
Il a exhorté les plus jeunes, ceux qu'il appelle « la génération hyper- connectée », à refuser de se faire manipuler et à apprendre à s'informer. « Mieux s'informer, c'est redonner pouvoir au citoyen. C'est soutenir nos journalistes qui travaillent avec rigueur. C'est aussi embrasser les technologies de demain sans jamais renoncer à nos valeurs d'éthique et de vérité », a-t-il appuyé.
Aux journalistes, le ministre de la Communication a demandé d'utiliser les Tic avec beaucoup de sagesse et de rester attachés aux valeurs fondamentales du métier : « Certes, l'Ia est une opportunité formidable qui offre des outils de traitement de données sans précédent et modernise notre écosystème médiatique, cependant, face à la montée des deepfakes et de certains contenus générés, la question de l'éthique devient notre ligne de défense ».
Pour lui, l'éthique est donc l'arme la plus efficace pour faire face à la désinformation et la manipulation de l'information. « L'Ia peut aider à vérifier des données, mais elle ne doit pas remplacer le journaliste. L'émotion, la compréhension du contexte et la rigueur déontologique restent le propre de l'humain », a-t-il argué.
In fine, en contribuant au développement de l'esprit critique des populations avec un focus sur les jeunes, la Snp incite les producteurs de contenus informatifs à l'excellence, mais surtout à la responsabilité. « Ce cercle vertueux impacte positivement le débat public et, par extension, notre démocratie. C'est là tout l'enjeu de notre responsabilité et notre redevabilité envers la société », a soutenu Amadou Coulibaly.