Sénégal: TRS - Le ministère des Finances défend une stratégie financière « transparente et maîtrisée »

24 Mars 2026

À la suite d'une publication dans la presse internationale mettant en cause l'utilisation par le Sénégal d'instruments financiers de type Total Return Swap (TRS), le ministère des Finances et du Budget est monté au créneau pour apporter des clarifications détaillées.

Dans un communiqué, les autorités défendent une stratégie assumée, axée sur la diversification des sources de financement, la transparence et la maîtrise des risques. Selon le ministère, le recours aux TRS s'inscrit avant tout dans un contexte international marqué par un durcissement des conditions d'accès aux marchés financiers. Face à cette situation, une analyse approfondie de cet instrument a été menée, débouchant sur son opérationnalisation sur le marché financier local dès 2025.

Une stratégie de diversification assumée

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Les autorités financières expliquent que ces opérations participent d'une politique plus large visant à élargir la base des investisseurs, notamment en attirant des capitaux étrangers vers le marché régional. L'objectif est double : renforcer la profondeur du marché domestique et améliorer sa liquidité. Le ministère souligne que ces investisseurs internationaux exigent généralement des facilités d'accès au change, aussi bien pour souscrire aux titres publics en monnaie locale que pour rapatrier leurs revenus en devises. La structuration des opérations aurait ainsi été conçue pour répondre à ces exigences tout en limitant l'exposition de l'État aux risques.

Des conditions d'emprunt jugées avantageuses

L'un des arguments majeurs avancés par le gouvernement concerne le coût du financement. Le taux net supporté dans le cadre de ces opérations est estimé à environ 7,1 %, un niveau jugé nettement inférieur à celui observé sur les marchés internationaux. À titre de comparaison, les rendements moyens des Eurobonds sénégalais en 2025 se situaient autour de 11 % à 12 %, notamment pour les obligations libellées en euros à échéance 2028 et 2037. Le ministère met en avant, à ce titre, des économies substantielles réalisées par le Trésor public grâce à ce mécanisme alternatif.

Un cadre légal et transparent

Le communiqué insiste également sur la conformité de ces opérations au cadre juridique et réglementaire en vigueur. Sept opérations ont été menées entre avril et novembre 2025, dans le respect du calendrier d'émission et en cohérence avec la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT).

Le ministère rappelle que ces financements ont été autorisés par les différentes lois de finances de 2025, notamment la Loi de finances initiale (LFI) et les lois de finances rectificatives (LFR). Les émissions ont été réalisées par adjudication sur le marché des titres publics, avec une publication systématique des résultats, conformément aux exigences de transparence. Les autorités soulignent par ailleurs que le recours aux TRS avait été explicitement mentionné dans le rapport économique et financier annexé à la Loi de finances 2026, ainsi que lors d'une communication du ministre devant l'Assemblée nationale en novembre 2025.

Un suivi avec le FMI

Autre élément mis en avant : le dialogue constant avec le Fonds monétaire international (FMI). Le ministère indique que l'exécution du plan de financement 2025 a fait l'objet d'échanges réguliers avec l'institution, incluant des discussions détaillées sur les opérations de TRS.

Des fonds affectés au budget 2025

Concernant l'utilisation des ressources mobilisées, le gouvernement est catégorique : les montants levés ont exclusivement servi à couvrir les besoins de financement de l'exercice budgétaire 2025. Ils n'ont, en aucun cas, été utilisés pour financer les besoins de 2026. Le ministère précise également que l'échéance de l'Eurobond mentionnée dans l'article incriminé a bien été honorée en mars 2026, écartant ainsi toute ambiguïté sur la gestion des engagements extérieurs du pays.

Engagement réaffirmé pour une gestion rigoureuse

En conclusion, les autorités sénégalaises réaffirment leur attachement à une gestion prudente, transparente et responsable de la dette publique. Elles assurent que le plan de financement 2025 a été exécuté dans le strict respect des autorisations parlementaires et des besoins identifiés. Le ministère insiste enfin sur sa volonté de maintenir un dialogue constructif avec ses partenaires techniques et financiers, en particulier le FMI, et de poursuivre une politique de communication ouverte à l'endroit du public et des institutions.

À travers cette mise au point, le gouvernement entend dissiper les interrogations suscitées par la publication internationale et réaffirmer la cohérence de sa stratégie de mobilisation des ressources, présentée comme maîtrisée, transparente et pleinement assumée.

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