Sénégal: Jigeen Mooy Leer - Quand l'énergie s'écrit au féminin

Plus de 4 000 candidatures en moins de vingt jours : le programme « Jigeen Mooy Leer » a révélé l'ampleur d'une aspiration longtemps contenue. Au ministère de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, la célébration du 8 mars a pris des allures de tournant celui d'un secteur qui commence, enfin, à se regarder en face.

La femme est la lumière. C'est le sens, en wolof, de « Jigeen Mooy Leer » et c'est aussi le nom du programme qui a dominé les échanges de la cérémonie organisée lundi 23 mars par le ministère de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Dans la salle de conférence du Building administratif Président Mamadou Dia, la Cellule genre et équité du département avait réuni l'ensemble des acteurs du ministère autour d'un moment qui a rapidement débordé le cadre protocolaire habituel.

Dès son allocution, le ministre Birame Souleye Diop a voulu couper court aux discours convenus. L'égalité, a-t-il martelé, « doit se traduire dans les politiques publiques, dans les institutions et dans les opportunités offertes à chaque citoyen et à chaque citoyenne ». Une formule qui sonne moins comme une promesse que comme une feuille de route, inscrite dans la Vision Sénégal 2050 et son ambition de développement fondé sur l'équité sociale. Le ministre a également affirmé la vocation du secteur de l'énergie, du pétrole et des mines à jouer un rôle moteur dans cette transformation, en faisant de l'égalité femmes-hommes un « levier de performance et de justice » et non un simple exercice de communication.

4 000 candidates, un signal impossible à ignorer

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Le moment le plus marquant de la cérémonie a été la restitution du programme « Jigeen Mooy Leer », initiative d'insertion et de formation destinée aux femmes souhaitant intégrer les métiers techniques et stratégiques du secteur énergétique. Les témoignages des stagiaires bénéficiaires ont donné chair à ce que les chiffres ne suffisent pas toujours à exprimer : comment une formation ciblée, assortie d'un accompagnement sérieux, peut transformer des trajectoires et ouvrir des portes jusque-là fermées.

Mais c'est la coordinatrice de la Cellule genre et équité, Awa Thiaka Dieng, qui a lâché le chiffre qui a électrisé la salle : plus de 4 000 demandes reçues en réponse à l'appel à candidatures, en moins de vingt jours. Derrière ce nombre, une réalité que le secteur ne peut plus ignorer -- celle d'une jeunesse féminine ambitieuse, formée, prête à investir les filières scientifiques et stratégiques, et qui n'attend plus qu'une chose : que les institutions tiennent leurs promesses.

Les mots ne suffisent plus

Awa Thiaka Dieng n'a pas cédé à la tentation du bilan flatteur. S'appuyant sur des témoignages recueillis lors de missions de terrain, elle a rappelé les obstacles qui demeurent : inégalités persistantes dans l'accès aux opportunités, accompagnement insuffisant dans la durée, reconnaissance trop souvent absente. Elle a évoqué le projet des femmes transformatrices comme un levier d'autonomisation économique à consolider, tout en martelant la nécessité de « passer des engagements aux actions concrètes ».

Un panel de discussions interactives a prolongé ces échanges, approfondissant les thématiques du droit, de la justice et des leviers d'action à activer. Une conviction a traversé l'ensemble des interventions : l'égalité dans le secteur énergétique ne sera pas l'affaire des seules femmes. L'engagement des hommes à leurs côtés n'est pas une option c'est une condition du changement.

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