À La question «le MMM peutil exister sans Paul Bérenger ?», l'ancien juge de la Cour suprême Vinod Boolell (photo) est catégorique : «Bien sûr. Lorsque SSR est mort, le PTr a survécu. Ils ont élu un autre leader. Sir Satcam Boolell a pris la relève, puis Navin Ramgoolam. Lorsque SAJ est mort, Pravind Jugnauth a pris la relève. Ainsi, lorsqu'un leader part, rien n'empêche un parti d'exister. Dans le cas du MMM, Paul Bérenger est un symbole. Maintenant, s'il cède le leadership à quelqu'un d'autre, là, c'est autre chose.»
Concernant le jugement rendu en 1994 en faveur de Bérenger, et au sujet de l'utilisation de l'appellation MMM, de l'emblème en forme de coeur et de la couleur mauve, il serait possible que cette décision serve de précédent dans l'éventualité d'une bataille juridique.
Vinod Boolell explique : «Oui, on peut même s'appuyer dessus. J'ai pointé le non-respect des règles lorsqu'on l'a mis dehors. Ce qui peut aussi se passer, c'est que si Bérenger convoque les instances du parti, vu la tournure des événements, il pourrait obtenir une majorité. Et lui pourrait alors décider qui révoquer ou non.»
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Au bout du compte, si les rapports de force internes et les précédents judiciaires pèseront dans la balance - ils l'ont déjà fait en 1994, et ils pourraient bien le faire à nouveau - ils ne trancheront pas seuls la question. C'est l'Assemblée des délégués qui pourrait avoir le dernier mot. Et si cette assemblée venait à se réunir dans un contexte de crise ouverte, ce sont les «militan koltar» qui trancheront. Ce sont eux qui, en dernier ressort - à défaut de Bérenger lui-même - décideront de ce que le parti est encore, et de ce qu'il veut devenir.