Bank of Africa Niger (BRVM : BOAN) ne versera pas de dividende pour l'exercice 2025 après une forte baisse des bénéfices, marquant ainsi une rupture avec plusieurs années de distributions régulières.
Le conseil d'administration a déclaré qu'il soumettrait la proposition aux actionnaires lors de son assemblée générale annuelle le 3 avril, citant un environnement économique et financier difficile. "Les résultats de l'exercice 2025 ne permettent pas le versement d'un dividende", a déclaré la banque.
Le résultat net est passé de plus de 5 milliards de FCFA en 2024 à 409,26 millions de FCFA, soit une baisse de 91,8%. Cette baisse est due à la diminution du produit net bancaire (-1,2 %) et à la hausse des charges d'exploitation (+3,9 %), en partie due à des charges fiscales exceptionnelles. Le rendement des capitaux propres est tombé à 1,05 %, contre 11,39 % l'année précédente.
La banque a également cité la détérioration de l'environnement économique au Niger, où les sanctions consécutives au coup d'État de 2023 ont pesé sur l'activité. Le secteur bancaire a connu une augmentation des prêts non performants, tandis que le portefeuille de prêts de la BOA Niger a diminué de 20,9 % d'une année sur l'autre.
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Le conseil d'administration a décidé d'affecter la totalité du bénéfice net à la réduction des pertes accumulées, les bénéfices non distribués restant déficitaires à hauteur de 1,8 milliard de FCFA après l'ajustement.
Points clés à retenir
La suspension du dividende met en évidence la pression exercée sur la rentabilité des banques dans des environnements macroéconomiques fragiles. Pour la BOA Niger, la combinaison d'une activité de prêt plus faible, d'un risque de crédit croissant et de coûts d'exploitation plus élevés a réduit les bénéfices à un niveau où la préservation du capital est prioritaire par rapport au rendement pour les actionnaires.
L'augmentation des prêts non performants reflète un stress plus large dans l'économie, où les entreprises et les ménages sont confrontés à une réduction des liquidités et à un ralentissement de la croissance. Dans de telles conditions, les banques augmentent généralement leurs provisions, ce qui réduit directement le bénéfice net. La décision de conserver les bénéfices plutôt que de distribuer des dividendes vise à renforcer le bilan et à maintenir les ratios de fonds propres réglementaires. Cette approche est courante en période de tensions économiques, en particulier sur les marchés touchés par l'instabilité politique ou les chocs extérieurs.
Bien que la banque s'attende à une reprise en 2026, y compris un bénéfice avant impôt projeté de 7,2 milliards de FCFA, cette perspective dépend de l'amélioration des conditions d'exploitation, y compris l'augmentation du produit net bancaire, la baisse des coûts et la réduction du risque de crédit. Pour les investisseurs, la situation souligne la sensibilité des bénéfices des banques aux conditions macroéconomiques et à la qualité des actifs, en particulier dans les marchés frontières où les chocs peuvent avoir un impact direct sur la performance du secteur financier.