Sénégal: Réduction de la dépendance aux engrais chimiques - La DyTAES approuve et soutient l'initiative du gouvernement

A la suite de la sortie du ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Elevage plaidant une réduction des engrais chimiques et une utilisation plus accrue de l'urée, la Dynamique pour une Transition Agroécologique au Sénégal (DyTAES) a publié un communiqué pour approuver et apporter son soutien à cette initiative du gouvernement.

Selon le communiqué, cette initiative gouvernementale est en phase avec les actions et les plaidoyers de ce réseau multi-acteurs qui compte près d'une centaine d'organisations issues de la société civile, de la recherche, des organisations de producteurs, des associations de consommateurs, des collectivités territoriales et du secteur privé et qui travaille sur le sujet pour une transition agroécologique au Sénégal.

Une annonce qui vient à son heure, dans ce contexte mondial marqué par des tensions politiques qui impactent la disponibilité et les prix des engrais chimiques. « Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques affectant les marchés des intrants agricoles, la question de la souveraineté alimentaire du Sénégal apparaît plus que jamais centrale. La forte dépendance aux engrais de synthèse, dont les prix et la disponibilité sont soumis aux fluctuations internationales, met en évidence la nécessité urgente de renforcer l'autonomie productive du pays à travers des alternatives locales, durables et résilientes ».

À cet égard, la DyTAES se réjouit de la position du gouvernement, qui s'inscrit pleinement dans les principes et pratiques agroécologiques défendus et éprouvés depuis plusieurs années par les acteurs du réseau. « La valorisation des fertilisants organiques, la réduction des intrants chimiques et la prise en compte des fonctions naturelles des écosystèmes agricoles constituent en effet des leviers essentiels pour une transformation durable des systèmes alimentaires », note le communiqué de la DyTAES.

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Dans ce sens, le regroupement invite les autorités à aller vite, avec des actions, pour permettre d'assurer une disponibilité permanente des fertilisants organiques. Dans l'immédiat, la DyTAES souligne la nécessité en termes d'engager des actions à la fois immédiates et structurées dans le temps.

D'emblée, il s'agit de renforcer l'accès et l'accompagnement des producteurs ; d'accompagner les acteurs à améliorer la qualité des fertilisants organiques en augmentant la concentration en nutriments ; d'augmenter significativement l'accès aux intrants organiques, notamment en triplant le quota actuellement alloué dans les dispositifs publics de subvention ; renforcer les dispositifs d'accompagnement technique à travers les services de conseil agricole, notamment l'ANCAR, en synergie avec les acteurs privés, les ONG, les organisations de producteurs et les associations, afin d'assurer une utilisation efficace et adaptée de ces intrants.

À moyen et long terme la DyTAES préconise de structurer durablement la transition, consolider la recherche nationale et valoriser ses acquis en matière de biofertilisants, par exemple les solutions à base d'inoculum de champignons mycorhiziens, déjà éprouvées et adoptées dans plusieurs localités, en vue de leur mise à l'échelle ;structurer une filière nationale d'intrants organiques, en soutenant le développement et le renforcement de PME locales capables de produire et distribuer ces solutions à grande échelle ; accélérer l'institutionnalisation de l'agroécologie dans les politiques publiques, afin de décloisonner les approches sectorielles et d'assurer une cohérence d'ensemble des interventions en matière agricole, environnementale et territoriale.

Dans cette perspective, la DyTAES affiche sa disponibilité à accompagner l'État du Sénégal dans la co-construction de solutions concrètes, opérationnelles et durables. À ce titre, les Journées de l'Agroécologie du Sénégal (JAES 2026), prévues du 21 au 23 avril 2026 à Dakar, constitueront un espace stratégique de dialogue multi-acteurs, de production de connaissances et de formulation de propositions concrètes pour renforcer l'institutionnalisation de l'agroécologie et sa mise en œuvre à l'échelle nationale.

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