Afrique: Jazz bantù enflamme paris, une immersion sensorielle au coeur des racines africaines

Le groupe formé de musiciens venus d'horizons divers a enflammé, le 20 mars dernier, la salle Paris Curial avec un concert inoubliable où le public, spect-acteurs, a été plongé dans l'ambiance immersive des sonorités africaines et contemporaines.

Centre Paris Anim Curial. Il est environ 20 heures le 20 mars dernier. De nombreux amoureux de la musique et surtout du jazz aux épices africaines grouillent dans la salle Paris Curial. Le Festival Quartier Sud s'installe dans cette arène archicomble.

L'art vestimentaire des peuples de l'eau (Sawa) s'illustre avant même que l'on entende sonner les premières notes. Cinq virtuoses instrumentistes du Jazz bantù, véritables couteaux suisses, habillés en Sandja (pagne en soie attaché au niveau de la hanche et une chemise « afritude » couvrant le buste), font leur entrée sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Calvin Yug à la batterie et au chant ; Serges Epoh aux percussions et à la parole déclamée ; Michaël Havard au saxophone et à la flûte ; Juliano Beccari au keyboard et Alain Nyame à la guitare basse.

Le Jazz bantù forme ainsi le quintet qui joue en live le répertoire issu de l'album Diyélé, composé de chefs-d'oeuvre tels que Manguén, Malèp, Diyélé, Alolo, Fragments, Assiko, Yégué, Man Niou, Le jazz me blaz.

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Le choix rythmique est fait et assumé. Jazz bantù puise à la source du Ngog Lituba (pierre sacrée qui affleure au village Nyanon, lieu mythique où les fils et filles des peuples Bassa, Bati et Mpo'o tirent leur sagesse et leur protection). C'est une musique à la structure plus ou moins complexe, reposant en grande partie sur le rythme makuné « jazzy » et parfois classique. Le groupe le dit de ses propres mots : un style musical hybridé « qui ne prétend pas rentrer dans le domaine d'un jazz calibré et normé, mais une élaboration dans laquelle le jazz originel percute l'âme de l'Afrique par les tam-tams, balafons, maracas et flûtes pygmées et la déclamation des récits des griots bantous et sahéliens ».

Il ne s'agit pas uniquement de mots comme on l'entend le plus souvent avec un contenu qui les travestit, mais le quintet sonne ce qu'il dit. Ils sont souvent repris de manière spontanée par un public densément cosmopolite, issu de toutes les composantes de la planète. Sans toutefois comprendre la langue de Calvin ou de Serges, le public chante à l'unisson sur des mimes, des mélopées ou des phrasés de djembé.

Dans cette « odyssée musicale », Jazz bantù a en partage la paix, l'amour et l'humanité qui sont essentiels dans leur création. Cette démarche artistique repose sur les richesses culturelles du monde que le groupe capte à travers ses nombreux voyages sur différents continents. Il s'agit d'une musique traditionnelle sans frontières, empreinte de jazz, de pop, en passant par les musiques dites actuelles. L'esthétique étant basée sur les polyphonies, agréables aussi bien à l'oreille, aux yeux qu'à l'esprit.

« J'ai été fortement séduit et impressionné par l'offre musicale de ce groupe qui nous a plongés dans un bouillonnement d'émotions », réagit un mélomane en fin de spectacle.

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