Le ministre de l'Hydraulique et de l'assainissement a réaffirmé hier, jeudi, à Diamniadio, l'option résolue du gouvernement sénégalais à mener une politique profonde de transformation du secteur de l'eau et de l'assainissement. Il a également souligné l'inscription du genre dans les politiques pour une plus grande responsabilisation des femmes.
Selon Cheikh Tidiane Dièye, cette volonté affichée du gouvernement se traduit à travers une kyrielle de projets structurants mis en oeuvre à travers le pays, aussi bien milieu urbain qu'en milieu rural. Cela dans le cadre d'une politique sectorielle de l'eau entièrement revue. L'objectif à terme est de transformer durablement les conditions de vie de populations à travers l'atteinte de l'objectifs de développement durable numéro 6 (ODD6).
En phase avec le thème choisi cette année pour la célébration de la journée mondiale intitulé « Eau et Genre : agir pour l'eau, c'est agir pour l'égalité », le ministre a rappelé l'importance de mener une politique visant à réduire les inégalités dans l'accès à l'eau et dont les femmes et les filles sont les principales victimes, avec notamment les corvées quotidiennes de l'eau. « Le Gouvernement, avec son ambition affirmée d'améliorer durablement les conditions de vie des populations, s'est résolument engagé dans une dynamique de transformation profonde du secteur de l'Eau et de l'Assainissement et ce, à travers des projets structurants.
Il s'agit, entre autres, de l'initiative des autoroutes de l'eau, de la construction d'usines de dessalement d'eau de mer, de programmes de réalisation d'ouvrages hydrauliques en milieu rural pour rapprocher les points d'eau des ménages et réduire les temps et distances de collecte supportés par les femmes et les jeunes filles, de projets de valorisation durable des ressources en eau pour garantir une disponibilité pérenne de la ressource pour des activités productives, ainsi que du développement d'une économie circulaire » a dit le ministre.
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Selon Cheikh Tidiane Dièye, l'eau qui peut être parfois le reflet des inégalités sociales doit être conçue comme un levier pour corriger celles-ci. Et dans ce sens, il faut accorder une attention particulière aux femmes qui subissent de plein fouet la corvée de l'eau. Chiffres à l'appui, le ministre de l'Hydraulique et de l'assainissement à souligné qu'à l'échelle mondiale la problématique de l'eau est d'une importance capitale avec près d'un milliard de femmes, 27, 7% soit plus du quart des femmes à travers le monde, qui vivent dans des ménages sans accès à des services d'eau potable gérés en toute sécurité.
Ce qui constitue un lourd handicap pour leur épanouissement. « En outre, les femmes et les filles sont les principales responsables de la collecte de l'eau ; ce qui impacte négativement leur sécurité, leur santé et leur capacité à accéder à l'éducation et à l'emploi. D'ailleurs, 380 millions de femmes et de filles, soit 9,5 % de la population féminine mondiale, vivent dans des zones soumises à un stress hydrique élevé ou critique ; chiffre qui pourrait atteindre la barre de 674 millions dans 33 pays d'ici 2050 (ONU Femmes/UNDESA, 2023) » a soutenu Cheikh Tidiane Dièye.
A côté de cette difficulté se pose un autre encore plus crucial qui est celui de l'assainissement, avec près de la moitié de la population mondiale, soit environ 3,4 milliards d'individus, vivant encore sans services d'assainissement sûrs, selon le rapport conjoint OMS/UNICEF 2025. Dans ce chiffre, près de 354 millions pratiquent encore la défécation à l'air libre. Au Sénégal, le ministre a rappelé qu'ils sont encore « 2 millions de personnes dont environ 1,8 million en milieu rural qui continuent de recourir à cette pratique » selon l'enquête-ménage WASH de l'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) publiée en 2023.
Une situation qui, de l'avis du ministre, justifie les investissements massifs consentis par le gouvernement pour soulager la peine des populations. « Ces investissements visent à faire de l'eau un véritable levier de justice sociale et d'autonomisation économique, plus particulièrement pour les femmes ; ce qui en fait un vecteur d'égalité qu'il faudra accompagner d'une approche participative intégrant la problématique genre. Il convient de noter que toute forme d'inégalité dans l'accès à l'eau serait constitutive de contrainte sociale et d'entrave au développement », a-t-il dit.
C'est ainsi qu'il a souligné l'urgence d'inscrire l'équité au coeur de la gouvernance de l'eau, des dispositifs de planification et des mécanismes de prestation de services. « ...L'ambition est claire : faire des femmes des décideuses à part entière, pleinement impliquées dans la gouvernance, la planification, la gestion des services et la définition des solutions, conformément au message de la Journée mondiale de l'eau 2026 qui nous rappelle que « là où l'eau coule, l'égalité grandit » a-t-il annoncé.