La problématique de la drogue en milieu scolaire refait surface avec l'interpellation de deux collégiens, âgés de 14 et 15 ans, fréquentant un établissement des Hauts Plaines-Wilhems. Les faits se sont produits mercredi, à la suite d'un appel du recteur ayant alerté les policiers de l'Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU). Les deux adolescents étaient en possession, pour l'un, de tabac mélangé à du cannabis, et pour l'autre, de cannabis.
Après leur interpellation, des perquisitions ont été effectuées à leurs domiciles respectifs, en présence de leurs proches. Aucun objet incriminant n'a toutefois été retrouvé. À ce stade, les deux élèves auraient été suspendus, dans l'attente des décisions des autorités compétentes.
Ce cas, loin d'être isolé, ravive les préoccupations du corps enseignant face à une réalité qui semble s'installer progressivement dans certaines institutions éducatives. La réaction du collège a été immédiate : les parents ont été informés sans délai, de même que les autorités concernées.
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Clive Anseline, responsable de communication au sein du Service diocésain de l'éducation catholique, insiste sur la nécessité d'une prise en charge collective dans ce type de situation. «Dès que le recteur est informé de la présence de produits illicites, les parents et les autorités, dont l'ADSU, sont alertés. Les décisions doivent se faire en concertation», souligne-t-il.
Au-delà de l'aspect disciplinaire, il met en lumière l'impact plus large de ces situations sur le milieu scolaire. «La mission d'un établissement est d'accompagner l'enfant dans sa réussite, tant sur le plan académique que personnel. Mais ces phénomènes viennent perturber cet équilibre et affectent la vie scolaire», explique-t-il.
Un phénomène qui ne peut plus être ignoré
Face à cette problématique, les acteurs éducatifs appellent à une mobilisation renforcée de tous les partenaires : autorités, établissements et parents. «Nous avons besoin de l'appui des institutions comme l'ADSU ou la brigade pour la protection de la famille. Mais le parent reste le partenaire clé. Il doit exercer son autorité et encadrer l'enfant», insiste Clive Anseline.
Il souligne également une dimension souvent négligée : celle de la vulnérabilité des jeunes concernés. «Un enfant qui adopte ce type de comportement est souvent lui-même une victime, en amont, de certaines réalités ou influences», fait-il ressortir.
Pour Arvind Bhojun, président de l'Union of Private Secondary Education Employees, la présence de drogue dans le milieu scolaire est aujourd'hui une réalité qu'il faut reconnaître. «On ne peut pas le nier. Ce n'est pas le cas de tous les collèges, mais certains élèves consomment ou sont impliqués dans des transactions. Leur environnement y joue parfois un rôle déterminant», avance-t-il.
Cependant, il soulève des interrogations quant au suivi des cas signalés. Selon lui, si les établissements ont le devoir d'alerter, encore faut-il que les interventions soient effectives et rapides. «Les enseignants ou les recteurs peuvent soupçonner la présence de drogue, mais ce sont les autorités qui doivent intervenir. La question est : y a-t-il un suivi réel ?» s'interroge-t-il.
Il évoque également certaines situations où des cas seraient freinés au niveau du management par crainte d'entacher la réputation de l'établissement. «Si aucune action n'est prise, l'élève peut penser qu'il n'y aura pas de conséquences», déplore-t-il.
Des lenteurs et un manque de coordination pointés du doigt
Autre point soulevé : la lourdeur administrative et le manque de réactivité. «Il y a parfois plus de procédures que d'interventions concrètes», estime Arvind Bhojun. Il appelle à une meilleure coordination entre les différentes instances, certaines ayant tendance à se renvoyer la responsabilité lorsqu'il s'agit de mineurs. «Il arrive que la police renvoie le cas vers les services spécialisés pour les jeunes, qui eux-mêmes orientent vers l'ADSU. Cette absence de clarté dans l'application crée des failles», ajoute-t-il.
Pour y remédier, il propose la mise en place d'un mécanisme d'intervention rapide. «Il faudrait une ligne directe permettant de déclencher une intervention dans un délai très court, idéalement sous deux jours. Sinon, la situation risque de s'aggraver.»
Par ailleurs, dans un autre établissement, cette fois au niveau primaire à St-Pierre, deux élèves ont été suspendus pour des comportements violents envers leurs camarades. Là encore, les autorités indiquent qu'un travail de suivi est en cours depuis l'année académique 2023-2024, en collaboration avec les instances concernées.
Face à ces situations préoccupantes, des demandes d'éclaircissements ont été adressées au ministère de l'Éducation ainsi qu'à la Private Secondary Education Authority (PSEA). Du côté du ministère, on précise que la décision de suspendre les deux élèves du primaire relève de sa responsabilité. Par ailleurs, la police poursuit ses interventions à travers des causeries dans les écoles et collèges. Deux programmes de lutte contre la drogue sont également en vigueur, tandis que des sessions de sensibilisation sur les agressions et le harcèlement scolaire se poursuivent à travers le pays.
Du côté de la PSEA, aucune réponse officielle n'a été communiquée à ce stade.
Dans un contexte où les établissements scolaires sont de plus en plus confrontés à des problématiques sociales complexes, la question de la prévention, de la coordination et du suivi des cas demeure plus que jamais d'actualité.