Congo-Kinshasa: Modifier la Constitution «pourrait aggraver la situation sécuritaire», assure l'Église catholique

Alors que l'éventualité d'une réforme de la Constitution resurgit régulièrement dans le débat en RDC, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) réitère sa mise en garde sur le sujet. « Aller dans ce sens-là, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait encore aggraver la crise », affirme Monseigneur Donatien Nshole.

En République démocratique du Congo (RDC), l'Église catholique prend position sur le débat saillant du moment dans le pays : l'éventualité de modifier ou changer la Constitution, un projet que nourrit le camp au pouvoir.

Les évêques catholiques réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) à travers leur secrétaire général, Monseigneur Donatien Nshole, mettent en garde contre des manoeuvres qui risquent d'aggraver la crise sécuritaire dans le pays.

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Bien que la révision constitutionnelle soit légale, les évêques jugent ce projet inopportun, à l'instar de Monseigneur Donatien, interrogé par notre correspondant Pascal Mulegwa : « Le principe de la révision constitutionnelle est constitutionnel, encore que à certaines conditions... Est-ce qu'on peut toucher ce qu'on ne peut pas toucher ? La Cenco est claire : aller dans ce sens-là, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait encore aggraver la crise. C'est un conseil de sages. Il faudrait éviter une maladresse politique qui pourrait encore aggraver, servir de prétexte pour aggraver la situation sécuritaire. »

« La dégradation du contexte sécuritaire, c'est ce qui urge aujourd'hui »

Monseigneur Donatien poursuit : « Les évêques sont très regardants sur tout ce qui concerne le bien-être de la population, et surtout sur ce qui concerne la paix. Il est évident que toute approche politique qui irait dans le sens de menacer la paix sociale ne laissera pas les évêques indifférents. »

Et de conclure : « Le contexte sécuritaire en termes de la dégradation, c'est justement ce qui urge aujourd'hui. Sur la mise en oeuvre de ce pacte social, les évêques ont insisté sur le fait de ne surtout pas le confondre avec un dialogue politique qui vise un partage du pouvoir. »

Le 24 mars, une dizaine de militants de l'opposition ont été interpellés à Kinshasa, alors qu'ils manifestaient contre toute éventualité de changement ou de révision de la Constitution, dans un contexte où des figures de la majorité évoquent la perspective d'une révision qui permettrait à l'actuel président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

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