Tunisie: La hausse des salaires arrive, mais attention au coût pour l'État !

27 Mars 2026

L'augmentation prévue des salaires en Tunisie pourrait peser lourdement sur les finances publiques et les fonds sociaux, avertit l'expert économique Moez Hadidane. Selon lui, cette hausse, légitime dans un contexte d'inflation élevée, comporte des répercussions contrastées sur l'économie nationale.

Intervenant ce vendredi 27 mars 2026 sur Expres Fm, Hadidane a indiqué que la relation entre salaires et fonds sociaux est directe : les cotisations sociales, prélevées sur les salaires et partagées entre employeurs et salariés, constituent la principale ressource de ces fonds. "Toute augmentation salariale augmente donc mécaniquement leurs recettes.

Toutefois, cette progression des revenus se traduit également par une hausse des dépenses, notamment sur les pensions, aggravant le déséquilibre structurel des fonds sociaux, qui ne comptent actuellement que deux actifs pour un retraité", a-t-il expliqué.

Selon Hadidane, la masse salariale dans la fonction publique s'élève à environ 25 milliards de dinars dans la loi de finances 2026. Une augmentation de 4 % seulement représenterait un coût supplémentaire d'environ un milliard de dinars pour l'État.

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"Cette pression financière coïncide avec la hausse des dépenses de soutien, particulièrement dans le secteur énergétique.

Le budget de soutien aux carburants est fixé à 5 milliards de dinars, basé sur un prix du pétrole de 69 dollars le baril, alors que les cours actuels approchent 110 dollars, générant un important déficit de financement.

Chaque dollar supplémentaire du prix du pétrole coûte à l'État 164 millions de dinars, ce qui pourrait augmenter le coût total du soutien de 3 à 4 milliards de dinars supplémentaires si les prix élevés persistent", a-t-il encore expliqué.

L'expert met en garde : la combinaison de l'augmentation des salaires et de la hausse des dépenses de soutien pourrait soumettre le budget de l'État à une pression de près de 5 milliards de dinars, posant la question de la capacité de l'État à mobiliser les ressources nécessaires sans affecter les équilibres macroéconomiques.

Pour y faire face, Hadidane plaide pour une révision du système de soutien, passant d'un soutien général, coûteux pour le budget, à un soutien ciblé, destiné uniquement aux catégories éligibles, garantissant une allocation plus efficace des ressources.

Il rappelle que les hausses salariales doivent rester maîtrisées et étudiées, afin de ne pas freiner l'investissement public, levier essentiel de la croissance économique.

Finalement et non moins important, l'expert souligne que réformer le système de soutien n'est plus une option, mais une nécessité, surtout face aux fluctuations mondiales des prix de l'énergie et aux contraintes qu'elles imposent à l'économie tunisienne.

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