Luanda — L'Angola et l'Afrique du Sud renforcent leur coopération afin d'équilibrer les flux touristiques bilatéraux, compte tenu du déséquilibre actuel du nombre de visiteurs, une initiative qui comprend un plan d'action conjoint pour la période 2026-2029.
L'information a été communiquée ce vendredi à Luanda par la ministre sud-africaine du Tourisme, Patricia de Lille, lors d'une conférence de presse organisée dans la capitale angolaise, dans le cadre du Programme de promotion du tourisme en Angola.
Selon les données présentées par la ministre, plus de 41 700 Angolais se rendent chaque année en Afrique du Sud pour diverses raisons, tandis que seulement 3 400 Sud-Africains environ visitent l'Angola, principalement pour des voyages d'affaires.
D'après la ministre sud-africaine, le plan d'action est déjà en cours de mise en oeuvre et prévoit des mesures concrètes pour stimuler l'investissement dans les infrastructures touristiques, promouvoir le marketing conjoint et accroître le nombre de visiteurs entre les deux pays.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
« Nous devons reconnaître qu'il existe une marge de progression importante et un fort potentiel. Nous devons mieux promouvoir l'Angola en Afrique du Sud et informer notre population des opportunités et de la beauté de ce pays », a-t-elle déclaré.
Parmi les stratégies définies, elle a souligné l'importance du marketing digital, notamment par le biais des réseaux sociaux et des nouvelles technologies, afin de toucher un public plus jeune et plus connecté entre les deux pays.
La ministre sud-africaine du Tourisme a souligné que le manque de notoriété de l'Angola comme destination touristique auprès des Sud-Africains constitue l'un des principaux obstacles à l'augmentation du flux touristique.
Patricia de Lille a donc plaidé pour une promotion plus dynamique et coordonnée entre les deux pays.
En matière de formation, la responsable a annoncé que l'Afrique du Sud renforcera les capacités des voyagistes, notamment par l'enseignement du portugais, afin d'améliorer l'accueil des visiteurs angolais.
Concernant la mobilité, elle a indiqué que l'exemption de visa entre les deux pays a facilité les déplacements, entraînant une hausse d'environ 10 % du nombre de visiteurs angolais en Afrique du Sud en 2025. L'objectif est d'atteindre une augmentation de 20 % en 2026.
Malgré cela, la ministre sud-africaine a reconnu que tous les citoyens ne sont pas informés de cet avantage et a plaidé pour une meilleure diffusion des services existants.
S'agissant du coût des voyages, elle a souligné le prix élevé des billets d'avion comme l'une des principales contraintes, reconnaissant la nécessité de négocier avec les compagnies aériennes afin de rendre les forfaits touristiques plus abordables.
Patricia de Lille a également évoqué la possibilité de développer des routes terrestres, afin de faciliter les déplacements entre l'Angola et l'Afrique du Sud à travers les petites villes et les villages, favorisant ainsi le tourisme intérieur et des expériences plus authentiques.
La responsable a souligné que les Angolais se rendent en Afrique du Sud pour diverses raisons, notamment la santé, le shopping, les études et les loisirs, ce qui démontre que le déséquilibre des flux touristiques résulte de multiples facteurs.
À l'échelle continentale, la ministre sud-africaine a plaidé pour le renforcement du tourisme intra-africain.
La dirigeante a souligné que le continent ne devait pas dépendre exclusivement des marchés extérieurs, comme l'Europe, mais plutôt valoriser son potentiel interne et renforcer la coopération entre les pays africains.
Patricia de Lille a également réaffirmé la nécessité d'innovation dans le secteur et a appelé à la participation active des voyagistes, des entrepreneurs et des institutions, en vue d'une croissance durable de l'économie touristique.
Relations bilatérales
Depuis la fin du régime d'apartheid en 1994, les relations entre l'Afrique du Sud et l'Angola constituent un pilier fondamental de la coopération régionale, avec plus de 40 accords signés dans divers domaines, dont le tourisme.
Actuellement, 24 entreprises sud-africaines sont implantées en Angola et, l'an dernier, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a dépassé 21,5 milliards de rands.
Secteur privé
A son tour, la présidente de l'Association angolaise des agences de voyages, Catarina Oliveira, qui s'exprimait en marge d'un atelier organisé par l'ambassade d'Afrique du Sud en Angola, a souligné devant la presse, lors d'une conférence de presse portant sur le thème « Promouvoir la croissance de l'économie touristique entre l'Afrique du Sud et l'Angola », la nécessité d'améliorer la connectivité et d'accroître le flux touristique entre les deux pays.
Elle a mis en évidence l'écart du nombre de visiteurs et la nécessité d'intensifier la promotion de l'Angola sur le marché sud-africain.
Pour améliorer la situation, Catarina Oliveira a proposé d'organiser des voyages d'étude pour les hommes d'affaires et les voyagistes sud-africains, afin qu'ils puissent constater par eux-mêmes le potentiel touristique du pays.
Elle a également souligné l'importance du soutien gouvernemental aux entreprises du secteur, ainsi que le rôle de l'association dans la promotion du tourisme national.
Catarina Oliveira a par ailleurs insisté sur la nécessité d'une offre touristique diversifiée en Angola et sur l'importance d'une action concertée entre les secteurs public et privé pour stimuler la croissance du tourisme.