Les femmes de la Confédération ivoirienne des syndicats libres Dignité (Cisl Dignité) lancent un appel pressant en faveur de la ratification urgente de la Convention n°190 de l'Organisation internationale du travail (Oit), consacrée à la lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Elles affirment mener ce combat au nom de l'ensemble des femmes de Côte d'Ivoire.
La déclaration a été faite le samedi 28 mars 2026, lors d'une conférence de presse au siège de la fédération, à Cocody II Plateaux, sous la conduite de Kobri N'yobo Gisèle, présidente de la Commission des Femmes de la Cisl Dignité.
« La C190 doit être ratifiée et appliquée avant la fin de l'année 2026 »
S'exprimant à cette occasion, Kobri N'yobo Gisèle a rappelé que la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026, constitue une opportunité pour réaffirmer les revendications des travailleuses : « Nous, femmes de la Cisl Dignité, adoptons pleinement le thème national "Justice pour toutes : Agir pour les femmes et les filles de Côte d'Ivoire". Nous exigeons la ratification de la Convention 190 ainsi que sa mise en oeuvre effective d'ici la fin de l'année 2026, à l'image du succès obtenu avec la C189. »
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Elle a salué les avancées enregistrées ces dernières années, notamment l'adoption de la loi n°2021 894 du 21 décembre 2021 portant mesures de protection des victimes de violences domestiques et sexuelles.
Toutefois, elle estime que ces textes demeurent insuffisants pour éradiquer les Violences basées sur le genre (Vbg).
Un phénomène encore largement répandu
Selon la Cisl Dignité, les violences et le harcèlement qu'ils soient sexuels, moraux ou psychologiques continuent de toucher massivement les travailleurs dans tous les secteurs d'activité, formels comme informels.
« Les violences basées sur le genre gangrènent trop souvent les milieux professionnels. Elles affectent tant les hommes que les femmes, mais ces dernières en sont les premières victimes, notamment à travers les violences sexistes et le harcèlement moral », a insisté Kobri N'Yobo.
Elle a souligné les conséquences graves de ces atteintes, notamment la dégradation de la santé physique et mentale, perte de productivité, frein au développement économique et social du pays.
La ratification, un impératif moral, social et politique
Pour les femmes de la Cisl Dignité, la ratification de la Convention C190 représente bien plus qu'une procédure administrative. Elle constitue un engagement ferme de l'État envers la dignité humaine et la sécurité au travail.
Elles soutiennent également l'initiative du Comité intersyndical pour la Ratification de la C190 en Côte d'Ivoire (CIRC190 CI), engagé aux côtés de l'Oit, et appellent à une mobilisation concertée sdes autorités publiques, patronat, centrales syndicales et médias.
Bienfondé de la ratification
Selon la présidente de la Commission des Femmes de Dignité, la mise en oeuvre de la C190 contribuerait à élaborer des protocoles nationaux de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre ; former les managers et les salariés à l'identification et à l'accompagnement des victimes ; renforcer les accords collectifs au sein des entreprises, incluant des sanctions effectives contre les auteurs de violences.
Mesures concrètes proposées pour agir dès maintenant
La Cisl Dignité recommande plusieurs actions immédiates à savoir instaurer des formations obligatoires en entreprise sur les Vbg et les droits des victimes ; créer des cellules d'écoute anonymes dans chaque secteur professionnel, à l'image du comité genre de la Cnps, première structure labellisée « genre » en Côte d'Ivoire.
Ainsi qu'assurer un accompagnement juridique et syndical des victimes, incluant la saisine des juridictions sociales ou de l'inspection du travail ; unir les femmes de toutes les centrales syndicales autour de cette cause.
Un appel
« Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres du Travail et des Droits des Femmes, la Côte d'Ivoire, membre fondateur de l'Oit, doit montrer l'exemple. Il est temps d'agir », appellent les femmes.
Pour elles, la ratification de la Convention C190 avant la fin de 2026 n'est plus seulement une ambition, c'est une nécessité impérieuse pour garantir un environnement professionnel sûr, équitable et respectueux.