(Sportnewsafrica.com) Non contente d'avoir bouleversé le fonctionnement du Jury d'Appel statuant le sort de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, la CAF s'est permise d'autres ingérences qui compromettent encore plus l'indépendance du Jury. Une proche de Patrice Motsepe, Rebeka Haimbili, responsable de la gouvernance, des risques et de la conformité, était physiquement présente lors des réunions alors que ses prérogatives sont officiellement totalement séparées de la commission d'appel.
Plus les jours passent, plus les révélations sur les procédés utilisés par la CAF pour la plus importante affaire juridique de son histoire moderne dépassent l'entendement.
Après avoir congédié le responsable des organes juridictionnels indépendants à deux semaines du Jury d'Appel sans le remplacer officiellement, ce qui permit au directeur des affaires légales, Cédrick Aghey, de s'ingérer et de choisir personnellement les membres du jury demandés par la présidente de cette commission, la Confédération africaine de football a carrément permis la présence d'une directrice n'ayant rien à voir avec la dite commission lors de l'audience.
Une proche de Motsepe accusée de couvrir les dossiers compromettants
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Ancienne avocate à la Haute Cour de Namibie, Rebeka Haimbili a rejoint la Confédération africaine de football en qualité d'assistante personnelle de Petrus Damaseb, un juge à la Cour suprême de Namibie qui préside le Comité de gouvernance de la CAF.
Personnage de l'ombre réputé proche du président Motsepe, Damaseb avait été sommé « d'enquêter » suite aux multiples rapports internes alertant sur les dysfonctionnements et ingérences de l'administration, particulièrement autour du secrétaire général, Véron Mosengo-Omba. Terminant rapidement son investigation, le juge blanchissait alors toutes les personnes visées, permettant ainsi à Motsepe de rassurer l'assistance : tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes à la CAF.
Écartant une à une les personnes avertissant de la situation réelle en interne, la CAF nomma Rebeka Haimbili au poste d'Hannan Nur, la responsable de la gouvernance, des risques et de la conformité qui avait écrit un rapport détaillé sur les agissements de Véron Mosengo-Omba, Sarah Mukuna ou Cédrick Aghey, qui gardèrent tous leur emploi - obtenant même une promotion dans le cas du dernier nommé.
Désormais directrice, la Namibienne était accusée de poursuivre le travail de « blanchiment » entamé et de ne surtout pas déranger l'ordre établi au sein de la CAF.
Problème de confidentialité et d'indépendance
Fonctionnement séparément de l'administration pour garantir son indépendance, le Jury d'Appel réuni le 17 mars a pourtant vu la présence de Rebeka Haimbili qui n'avait pourtant strictement rien à voir avec cette commission (les membres du Jury d'Appel étaient présent physiquement au Caire et ont organisé une visioconférence sur Zoom avec les parties marocaine et sénégalaise, ndlr).
Qu'importe sa formation d'avocate, cette dernière ne pouvait assister aux auditions censées être tenues dans un cadre confidentiel.