Le Centre sur la philanthropie et l'investissement social en Afrique (Capsi), en partenariat avec la Fondation Mastercard, a organisé vendredi, à Dakar, un atelier de validation de sa recherche effectuée sur la contribution du secteur à but non lucratif dans la création d'emploi en Afrique. Portant sur dix-sept pays africains, dont le Sénégal, l'étude montre le rôle crucial de ce secteur dans la création d'opportunités pour les jeunes.
À l'heure où la question de l'emploi des jeunes demeure un défi majeur en Afrique, le rôle du secteur à but non lucratif « dans la création d'opportunités professionnelles dignes et épanouissantes » apparaît comme un levier à consolider. C'est l'un des principaux enseignements de l'étude effectuée par le Centre sur la philanthropie et l'investissement social en Afrique (Capsi) de la Wits Business School basée en Afrique du Sud.
L'atelier de validation organisé durant ces deux derniers jours, à Dakar, en partenariat avec la Fondation Mastercard, a permis à l'institution de dévoiler les conclusions de son enquête menée sur 17 pays sur le continent. Ces pays sont : le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, l'Égypte, l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
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Présentant les résultats de l'enquête, Ntando Hoza, spécialiste en communication numérique à l'université du Witwatersrand (Afrique du Sud) révèle une efficacité du secteur associatif à contribuer à l'emploi et à l'inclusion des jeunes.
« Le secteur à but non lucratif contribue à la création d'emplois décents pour les jeunes en offrant des opportunités d'emploi directes, des formations professionnelles et des programmes d'insertion souvent inaccessibles via les circuits traditionnels », a-t-il déclaré.
À l'en croire, le secteur à but non lucratif emploie environ 30 % des jeunes interrogés, particulièrement les femmes, les ruraux et les exclus du marché formel, via des projets temporaires qui servent de tremplin », martèle-t-il. Au-delà, ajoute Ntando Hoza, les organisations à but non lucratif contribuent à la formation et à l'entrepreneuriat des jeunes.
Un rôle majeur
« Elles proposent des formations, du soutien éducatif et des initiatives entrepreneuriales, favorisant un travail « digne » : revenu fiable, respect, développement de compétences et sentiment d'utilité », dit-il.
Cependant, en dépit des lacunes de données pour indiquer véritablement leur empreinte, l'expert souligne que « le secteur non étatique apparaît comme un employeur majeur, notamment au Sénégal et en Afrique du Sud) ». Il a ainsi appelé à une meilleure reconnaissance politique « pour leur permettre de mieux assurer leur rôle via des partenariats stables ».
Tout en saluant l'apport du secteur à but non lucratif dans la création d'emploi, le professeur Bhekinkosi Moyo, directeur du Capsi, est revenu sur les disparités des opportunités révélées par l'étude. Selon lui, les jeunes urbains sont plus favorisés que ceux des zones rurales dans les emplois offerts par les organisations.
Ensuite les 25-35 ans bénéficient davantage d'opportunités que les 20-24 ans. Et enfin dans plusieurs pays, les jeunes femmes accèdent plus facilement aux emplois proposés par les ONG que les hommes.