Sénégal: Candidature de Macky Sall aux Nations unies - Recalé à domicile et sur le continent

Le 27 mars dernier, l'Union africaine, par la voix d'une bonne vingtaine de pays, dont le Nigeria, poids lourd ouest-africain, a opposé un « niet » sans détour à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Rien que ça. Un camouflet de plus, et non des moindres, pour l'ancien président sénégalais, qui n'avait déjà pas fini de digérer le refus, autrement plus piquant, de son propre pays. Il y a peu encore, les autorités sénégalaises faisaient savoir, avec un flegme presque désarmant, qu'elles ne se sentaient nullement concernées par les ambitions internationales de celui qui dirigea le pays de 2012 à 2024.

Le principal grief ? Un passif politique pour le moins encombrant. Le gouvernement sénégalais lui reproche notamment sa responsabilité dans les répressions sanglantes des manifestations entre 2021 et 2024, lesquelles ont fait plusieurs dizaines de morts. A cela s'ajoute une accusation toute aussi lourde : celle d'avoir soigneusement maquillé la réalité de la dette publique.

Autant dire que l'ardoise est salée. Et le contentieux, lui, bien vivant. Entre Macky Sall et les nouveaux maîtres du pays de la Teranga, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, la réconciliation n'est manifestement pas pour demain. Les anciens opposants, devenus compagnons de pouvoir, semblent nourrir à l'égard de leur prédécesseur une mémoire tenace, sinon une envie très contemporaine de lui faire rendre gorge.

Dans ce contexte, le refus de Dakar de soutenir sa candidature ressemblait déjà à un sérieux coup de frein. L'Union africaine, en en rajoutant une couche, vient transformer l'obstacle en véritable mur. Certes, tous les Etats membres ne se sont pas alignés, mais la dynamique, elle, est difficile à ignorer.

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Et pendant que l'ancien chef d'Etat sénégalais voit son horizon se couvrir, d'autres profils, moins lestés de casseroles politiques, avancent tranquillement leurs pions. La Chilienne Michelle Bachelet et l'Argentin Rafael Grossi, pour ne citer qu'eux, semblent aborder la course avec un vent nettement plus favorable.

Au fond, la candidature de Macky Sall reste, sur le papier, tout à fait recevable. Mais dans la réalité, elle commence à sérieusement battre de l'aile. Et à ce rythme, le rêve du Palais de verre ne tardera pas à se briser.

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