Ile Maurice: Entre opportunités et interrogations chez les chauffeurs de taxis d'hôtels

Depuis mercredi, une nouvelle plateforme de mobilité, Ala-lila, est officiellement opérationnelle à Maurice. Portée par Logidis et accessible sur taxiservices.mu, elle utilise la technologie Uber avec un service destiné aux chauffeurs de taxi pour assurer des trajets à travers l'île. Si plusieurs professionnels ont déjà adhéré à ce nouveau système, du côté de la Federation of Hotel Taxis Associations, des zones d'ombre subsistent.

Son porte-parole, Yashpal Murrakhun, évoque d'emblée des interrogations sur l'intégration des taxis opérant au sein des établissements hôteliers. «Est-ce que ces taxis seront inclus dans le dispositif ou devront-ils faire face à la concurrence d'autres véhicules venant récupérer les clients ?», questionne-t-il. Une inquiétude qui renvoie à la préservation des bases d'opérations traditionnelles et à l'équilibre du secteur.

Le responsable s'interroge également sur le choix d'introduire la technologie d'une plateforme internationale alors qu'une solution locale, Motaxi, avait déjà été mise en place par le passé. «À l'époque, la National Land Transport Authority avait découragé les chauffeurs de s'y inscrire. Aujourd'hui, la situation semble différente, ce qui donne l'impression d'une politique à deux vitesses», estime-t-il. Il souligne que cette application locale disposait déjà d'une base de données conséquente de chauffeurs, tout en favorisant une économie circulant à Maurice.

Autre point soulevé : le modèle économique. «Pourquoi prendre le travail des taxis pour ensuite prélever une commission dessus ?», s'interroge-t-il, rappelant ses propositions antérieures visant à renforcer la visibilité des taxis, notamment à travers des points d'information dans les hôtels.

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Au-delà de ces aspects, la fédération exprime une crainte quant à une éventuelle évolution du modèle. «On nous dit que la plateforme est réservée aux taxis, mais dans d'autres pays, elle s'est progressivement étendue aux voitures privées», avance Yashpal Murrakhun. Une perspective qui alimente les appréhensions quant à une concurrence accrue et à la redéfinition des règles du secteur.

Enfin, la question de la concertation est posée. Selon le porte-parole, la Federation of Hotel Taxis Associations n'aurait pas été conviée aux discussions entourant cette nouvelle implantation. «Lorsqu'une décision de cette ampleur est prise, tous les acteurs concernés devraient être consultés», soutient-il, appelant à davantage de clarté, notamment sur le cadre légal encadrant cette nouvelle plateforme.

Entre modernisation du secteur et nécessité de dialogue, l'arrivée d'Ala-lila ouvre ainsi un nouveau chapitre pour le transport de passagers à Maurice, tout en suscitant des attentes et des questionnements au sein de la profession.

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