Sénégal: Plaidoyer pour la formation de vétérinaires compétents et ouverts au numérique

29 Mars 2026

La 29e rentrée solennelle de l'École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (Eismv), tenue vendredi, a mis en lumière les défis majeurs liés à la santé globale. Autorités et experts ont saisi l'occasion pour saluer le rôle structurant de l'établissement dans la formation des ressources humaines qualifiées en santé et productions animales.

Les capacités vétérinaires en Afrique à l'aune du « Global Health », tel est le thème de la 29e rentrée solennelle de l'École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (Eismv). La rencontre tenue au sein de l'établissement, à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad), a réuni autour du secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Fary Sèye, des experts et responsables académiques et institutionnels.

Représentant le ministre, M. Sèye a salué le rôle structurant de l'École inter-États des sciences et médecine vétérinaires. Il a rappelé que l'institution, créée en 1968, s'est imposée comme un pilier dans la formation de ressources humaines qualifiées en santé et productions animales. Il a souligné que l'Eismv contribue fortement à la sécurité sanitaire et au développement économique des États membres, estimant que « l'école constitue un levier essentiel dans la construction d'une expertise africaine de haut niveau en matière de santé animale et de sécurité alimentaire ».

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Abordant le thème de cette rentrée solennelle, Fary Sèye a insisté sur son caractère stratégique, indiquant que « la santé humaine, animale et environnementale ne peut plus être envisagée de manière sectorielle ». Selon lui, « elle est désormais globale, interconnectée et interdépendante », une réalité confirmée, a-t-il dit, par les crises sanitaires récentes. Dans cette perspective, il a affirmé que « les capacités vétérinaires constituent un levier stratégique pour la prévention des zoonoses, la sécurité sanitaire des aliments et la résilience face aux pandémies ».

Toutefois, il a reconnu que « les systèmes vétérinaires en Afrique font face à des défis structurels importants », citant notamment « l'insuffisance des ressources humaines qualifiées, la faiblesse des infrastructures et l'accès limité aux technologies de pointe ». Le secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur a également alerté sur « la persistance des maladies animales transfrontalières, la montée de la résistance aux antimicrobiens et les effets du changement climatique ». Selon lui, ces défis nécessitent « des réponses fortes, coordonnées et durables ».

Dans la même dynamique, Fary Sèye a plaidé pour une transformation des formations, soutenant qu'il faut « former des vétérinaires compétents, ouverts au numérique et à l'intelligence artificielle ». Il a ajouté que « la recherche doit être adaptée aux réalités africaines et orientée vers l'impact ». S'adressant aux étudiants, il a rappelé la portée de leur engagement et insisté sur le fait qu'ils sont « des sentinelles de la santé publique et des acteurs du développement durable ».

Le directeur général de l'Eismv, le professeur Yalacet Yambat Kaboré, a exprimé sa gratitude envers les autorités et les partenaires. Il a indiqué que cette rentrée solennelle intervient dans « un contexte mondial et africain marqué par de profondes mutations ».

M. Kaboré a notamment évoqué « les crises sanitaires émergentes, les pressions environnementales et les transformations des systèmes agroalimentaires ». Selon lui, « ces dynamiques imposent une nouvelle lecture des enjeux de santé ». Pour cela, le directeur général de l'Eismv invite les acteurs à « porter un regard lucide sur les acquis, mais aussi sur les insuffisances persistantes dans des dispositifs de formation et de recherche ».

Faire de l'Eismv un pôle d'excellence

Le directeur général de l'Eismv a profité de la rentrée solennelle pour saluer le « leadership stratégique, participatif et rigoureux de l'établissement, fondé sur une culture de qualité et de planification ». Il a indiqué que cette orientation a permis « la modernisation de l'institution, le renforcement de l'excellence académique et l'élargissement du rayonnement institutionnel ». À l'image des différents intervenants, le patron de l'Eismv a réaffirmé l'ambition de faire de cette école, un pôle d'excellence au service de l'intégration africaine. Un appel a été également lancé pour une mobilisation accrue des États et des partenaires dans le développement de l'institution.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.