Ce dimanche, le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, s'est rendu au Victoria Urban Terminal pour rencontrer les marchands touchés par l'incendie dans la soirée du samedi 28 mars. Entre appel à la vigilance, attente des rapports d'experts et conseil aux marchands de se regrouper pour s'assurer, il a tenté d'apporter des réponses à une communauté en détresse.
Au lendemain de l'incendie qui a ravagé quatre stands du Victoria Urban Terminal, le ministre Mahomed a tenu à se déplacer sur les lieux ce dimanche matin pour aller à la rencontre des marchands sinistrés. Une visite qui témoigne de la gravité de la situation mais qui n'a pas manqué de soulever des questions sur les suites qui seront données à ce quatrième sinistre en quatre ans.
Le ministre a d'abord apporté une bonne nouvelle aux marchands : le marché rouvrira ses portes dès ce lundi 30 mars. «Il a fallu que le Scene of Crime Office (SOCO), le Forensic Science Officer et l'Energy Services Division donnent leur rapport pour pouvoir rouvrir le marché, et à partir de ce lundi, tous les marchands pourront opérer à nouveau», a-t-il indiqué. La réouverture sera conditionnée aux conclusions des équipes techniques dépêchées sur place pour évaluer la situation après le sinistre.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Un quatrième incendie dans le même secteur : «C'est intriguant»
Le ministre n'a pas caché sa perplexité face à la récurrence de ces incidents. «C'est la quatrième fois qu'il y a incendie au Victoria Urban Terminal et cela s'est toujours produit dans le même secteur. C'est intriguant», a-t-il déclaré. Il a exprimé l'espoir que les experts - SOCO, Forensic Science Laboratory et l'Energy Services Division - produisent un rapport circonstancié permettant d'identifier avec précision la source de cet incendie. «Ce rapport sera très déterminant», a-t-il insisté.
La répétition des sinistres au même endroit interpelle en effet. Les marchands eux-mêmes, par la voix de leur porte-parole, Hydar Ryman, avaient la veille appelé les autorités à se saisir de cette question avec sérieux, estimant qu'il n'est pas normal qu'un tel lieu soit frappé aussi régulièrement par les flammes.
Un appel à la création d'une association ou d'un syndicat
Sur la question de l'absence de couverture d'assurance pour les marchandises - une lacune douloureusement mise en lumière par cet incendie -, Osman Mahomed a dit avoir pris connaissance de la situation sur place. «J'ai aussi appris que les marchandises ne sont pas couvertes», a-t-il reconnu. Face à ce vide, Osman Mahomed a lancé un appel aux marchands pour qu'ils s'organisent collectivement. «Je pense que, dans le futur, ils devront créer un genre d'association ou de syndicat, et demander à une compagnie d'assurance de les couvrir. En groupe, c'est faisable, mais seul, ça leur coûtera cher», a-t-il suggéré. Une piste qui rejoint d'ailleurs celle évoquée par Hydar Rymanqui a lui aussi appelé la communauté à se mobiliser pour bâtir un plan de protection collectif si les autorités ne prennent pas leurs responsabilités.
Si la visite du ministre a été perçue comme un geste de solidarité, les marchands sinistrés attendent désormais des actes. Les rapports des experts seront scrutés de près et la question d'un dispositif d'assurance adapté à leur réalité reste entière. Pour les victimes de ce quatrième incendie, dont certaines se retrouvent avec des dettes bancaires et sans marchandises, le chemin vers le rétablissement s'annonce long et incertain.