Dimanche 29 mars à Kisangani (nord-est de la RDC), le commandant adjoint de l'état-major général de l'armée congolaise a enjoint les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) - groupe rebelle hutu formé à l'origine d'anciens génocidaires rwandais - à « se rendre ». Cette neutralisation des FDLR s'inscrit dans le cadre de l'accord de Washington entre Kinshasa et Kigali.
En République démocratique du Congo (RDC), les Forces armées de la RDC (FARDC) passent à l'offensive contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe rebelle hutu formé à l'origine d'anciens génocidaires rwandais, encore présents sur le territoire.
Arrivé le 29 mars à Kisangani (nord-est du Congo), le commandant adjoint de l'état-major général, le général Jacques Ychaligonza, a annoncé cette opération de traque. Une initiative qui s'inscrit dans la mise en oeuvre des engagements sécuritaires pris dans le cadre de l'accord de Washington entre Kinshasa et Kigali.
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Les combattants hutus rwandais seront cartonnés dans un camp militaire de Kisangani avant leur rapatriement, a déclaré le général Jacques Ychaligonza : « Il s'agit de lancer des opérations contre les FDLR dans une zone bien déterminée. De gré ou de force, les FDLR doivent nous rendre les armes. Notre mission, c'est de neutraliser tous les ennemis, tous les groupes armés étrangers qui se retrouvent sur notre sol. Et c'est en accord aussi avec ceux de Washington. C'est pour cela que nous lançons ces opérations. »
Il poursuit : « Mais il y a un phasage à respecter. Et après, il y aura toutes les phases que nous allons exécuter, en tant que FARDC. On a sensibilisé les FDLR pour qu'ils se rendent. Nous n'avons pas besoin d'effusions de sang. Ils doivent se rendre, pour regagner leur patrie, parce que leur patrie, c'est au Rwanda, ce n'est pas ici au Congo. »
Kigali et Kinsasa se sont accordés sur « une série de mesures coordonnées »
RDC et Rwanda ont convenu, lors de pourparlers à Washington, de prendre des « mesures concrètes » pour apaiser les tensions et faire avancer l'accord de paix conclu l'année précédente, selon un communiqué conjoint du 18 mars.
Le conflit dans l'est de la RDC, riche en ressources minérales, où le groupe AFC/M23, soutenu par le Rwanda, contrôle des villes stratégiques, se poursuit malgré la signature, le 4 décembre 2025, d'un accord de paix entre les deux pays voisins et le président américain Donald Trump.
Le Rwanda a nié soutenir le M23 et fait depuis longtemps pression sur Kinshasa pour qu'il sévisse contre les FDLR.
Le communiqué conjoint publié le 18 mars indique que les deux pays se sont mis d'accord sur « une série de mesures coordonnées visant à apaiser les tensions et à faire avancer les choses sur le terrain ». Ces mesures comprennent « un engagement mutuel à prendre des mesures spécifiques pour soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de chacun, le retrait prévu des forces et la levée des mesures défensives par le Rwanda dans des zones définies du territoire de la RDC, des efforts intensifiés et assortis de délais de la part de la RDC pour neutraliser les FDLR, ainsi que la protection de tous les civils ».