Afrique: En amical, le Sénégal se tourne vers le Pérou, sans tourner la page CAF

À la veille du match amical contre le Pérou au Stade de France ce samedi 28 mars, le Sénégal tente de se concentrer sur le terrain, malgré l'interminable feuilleton déclenché par la décision de la CAF de lui retirer sa CAN 2025. Le sélectionneur Pape Thiaw et le milieu de terrain Idrissa Gueye répètent vouloir se concentrer sur la pelouse et le match contre les Incas, mais les mots trahissent une blessure encore vive.

Dans la salle de presse du Stade de France, Pape Thiaw s'efforce de rester droit dans ses bottes. Le sélectionneur, déchu de son titre de champion d'Afrique au profit du Maroc après la décision de la CAF, jure qu'il reste dans son rôle. « Je suis focus sur mon travail, il est important de ne pas être dispersé. Tout le monde sait qu'on est champions d'Afrique. On va continuer à travailler et à aller chercher d'autres trophées. Il est clair dans nos têtes que les compétitions, les trophées se gagnent sur le rectangle vert », lâche-t-il, posé, mais ferme.

La reconnaissance vient aussi d'en face. En conférence de presse, un journaliste péruvien rappelle que, pour lui comme pour le sélectionneur Mano Menezes, le Sénégal reste « le vrai champion d'Afrique ». De quoi tirer un sourire à Pape Thiaw, qui se laisse aller à quelques mots en espagnol, appris à l'époque où il évoluait à Alavés.

Ce Sénégal-Pérou doit être un simple amical, le premier match des Lions depuis la finale de Rabat, gagnée après prolongation avant d'être perdue sur tapis vert. En tribunes, la diaspora sénégalaise aura droit à un show pour célébrer ce statut contesté mais assumé : la Fédération a prévu de présenter le trophée, avec la présence du rappeur Booba et de la légende de la chanson sénégalaise Youssou Ndour.

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« Le travail de tout un pays »

En attendant, Idrissa Gueye, à côté de son sélectionneur, porte la même retenue que celui-ci, avec les mêmes cicatrices. Il rappelle ses propos récents, quand il s'était dit prêt à rendre ses médailles au Maroc pour apaiser les tensions. Mais aujourd'hui, au Stade de France, il insiste sur la légitimité sportive de son équipe : « On mérite d'être champion d'Afrique sur le terrain, et on va essayer de faire la même chose en dehors du terrain ».

Le milieu d'Everton remonte le fil des dernières années géniales avec les Lions : « Les émotions fortes qu'on a vécues, il n'y a rien qui peut remplacer ça. Lors des quatre dernières Coupes d'Afrique, le Sénégal, c'est trois finales et deux fois champion d'Afrique. Et ces résultats-là, on ne les a pas volés. C'est le travail de tout un pays, de toute une nation, sérieuse, qui donne tout sur le terrain comme en dehors du terrain ».

En toile de fond, l'appel déposé devant le Tribunal arbitral du sport, le discours offensif du président de la Fédération, Abdoulaye Fall, qui parle de « braquage administratif ». Thiaw, lui, veut encore s'accrocher au match qui arrive. Mais le contexte s'invite à chaque question, dans chaque réponse.

Le Pérou et le besoin de se projeter

Pour autant, sur le Pérou, Pape Thiaw a réussi à tenir un ton plus technique dès le début de la conférence de presse. « Le public et vous, les journalistes, vous aimeriez bien voir le Sénégal-Brésil. Pour moi, le plus important dans les matchs amicaux, ce n'est pas l'adversaire. On sait que le Pérou, c'est une bonne équipe qui a montré de bonnes choses. Même s'ils ne sont pas qualifiés à la Coupe du monde, ils sont en train de bien se préparer. Donc il y aura des équations, on va essayer de les résoudre sur le terrain, en tant que coach, c'est une progression de jouer ce type d'adversaire », explique-t-il.

Il détaille les forces de l'équipe sud-américaine : « Le Pérou est fort techniquement et l'équipe se regroupe très vite quand elle perd le ballon. On sait qu'on a perdu notre dernier match contre une équipe sud-américaine, le Brésil (0-2). Mais, les matchs se suivent et ne se ressemblent pas ».

Ce samedi au Stade de France, face au Pérou, le Sénégal ne réglera pas son différend avec la CAF. Mais il peut au moins rappeler, balle au pied, pourquoi il continue de se penser champion d'Afrique.

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